Archive for November, 2009

Face à Face festif pour le cinéma gay ce week-end à Saint-Etienne

Wednesday, November 25th, 2009

affichefafstetienneUn rendez-vous incontournable pour les amateurs de cinéma gay et lesbien. Avec en prime pour cette 5ème édition du Festival Face à Face de Saint-Étienne, la tenue des premières Assises nationales du cinéma Gay et Lesbien.

Le Festival ouvre ses portes demain, au « QG » du festival, à savoir le cinéma Le France. Avec en film d’ouverture le film « Ander », en avant-première, de Roberto Castón, « le Brokeback Mountain espagnol », nous confie Antoine Blanchard, président de Face à Face. Le lancement de cinq jours de festivités et d’événements cinématographiques. Au programme : une dizaine de séances, comprenant la projection de 18 films, 4 soirées artistiques, dont une à l’Opéra de Saint-Étienne, avec la présentation de « l’Opération du Saint-Esprit », et une au Zénith, juste après le concert de Calogero. Sans oublier les scolaires et lycéens qui auront droit à une séance privée, dans le but de les « sensibiliser aux discriminations et lutter contre l’homophobie qui règne beaucoup chez les jeunes, avec la projection de courts-métrages, notamment “Jeunes et homos sous le regard des autres” », précise Antoine Blanchard.

Des actions quotidiennes pour l’association Face à Face

Organisatrice de l’événement, l’association Face à Face, créée en 2006 et qui compte aujourd’hui plus de 150 membres, fait de son quotidien la lutte contre les discriminations et l’homophobie. L’association milite donc sur tous les fronts, que ce soit sur le terrain cinématographique, avec le festival bien sûr, mais aussi des projections tout au long de l’année, politique avec la rencontre d’élus, sociétal, avec, par exemple, la commémoration des déportés homos de la Seconde Guerre Mondiale, ou pédagogique avec des séances pour les scolaires, « afin de lutter contre les énormes préjugés qui s’immiscent dans les cours d’écoles », déplore Antoine Blanchard.

Création des 1ères Assises du cinéma gay

Autre particularité de ce festival, la tenue, inédite en France, des premières Assises du cinéma Gay et lesbien. A cette occasion, les représentants de 10 festivals, dont ceux de Toulouse, Orléans, Nice, Paris, Créteil, Marseille, Grenoble, Lyon et Bruxelles, seront présents, afin de débattre ensemble de l’avenir du cinéma gay. « On a pu constater que l’on se connaissez tous, les uns des autres, mais qu’on ne travaillait jamais ensemble, qu’aucun projet commun ne voyait le jour. Le but étant, avec ces premières assises, de mettre en place un réseau pour mutualiser les festivals et programmer des actions communes. Une communication partagée, dans un esprit de non concurrence, bien entendu », ajoute le président de Face à Face. Avec trois mots d’ordre qui rythmeront les débats : organiser, programmer, mutualiser.

Un but : promouvoir le cinéma gay

Le cinéma gay et lesbien est, encore trop souvent, minoritaire et peu accessible au public. Un état de fait qui ne plait guère à tous ces organisateurs de festivals, qui tentent de réagir, en « éclairant les marges », le nom donné d’ailleurs à la thématique du grand débat. Autour de Didier Roth-Bettoni, journaliste, écrivain et directeur artistique du festival Chéris-Chéries, de nombreux invités -qu’ils soient réalisateurs (Louis Dupont, Françoise Romand, Pascal Alex Vincent), journalistes (Anne Delabre) ou organisateurs de festivals (Patrick Cardon)- tenteront de définir des actions

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communes. Au premier rang desquelles, convaincre les distributeurs, parfois trop frileux, d’accorder une place plus importante au cinéma homo.
En attendant que le débat entraîne dans son sillage des résolutions fortes de la part des distributeurs, nous vous souhaitons un très bon festival.

Propos recueillis par Emilie Bedos

En savoir + : Le festival ouvre ses portes jeudi 26 et se clôturera dimanche 29 novembre. Pour plus d’informations sur le programme, rendez-vous sur le site officiel du Festival.

Festival “Chéries-Chéris”, quand le cinéma gay prend le dessus de la scène

Thursday, November 19th, 2009

affiche-cheriescherisPlus d’une quarantaine de films présentés pour cette 15ème édition du Festival LGBT de Paris, le festival des gays, lesbiennes et trans. Une 15ème édition placée sous le signe de la célébration, avec de nombreux anniversaires à fêter, comme l’annonce le directeur du festival Didier Roth-Bettoni : les émeutes de Stonewall le 28 juin 1969, la création de Gai Pied en 1979 par Jean Le Bitoux, la naissance d’Act Up en juin 1989 et la chute du Mur de Berlin en novembre 1989.

Une programmation riche et variée
Depuis lundi, au Forum des Images, les séances se suivent mais ne se ressemblent pas forcément. Le festival a ouvert ses portes avec « Nuits d’ivresse printanières » de Lou Ye, film franco-chinois primé à Cannes et clôturera cette édition dimanche soir avec l’humour de « I Love You Phillip Morris », en avant-première, de  Glenn Ficarra et John Requa, avec Jim Carrey et Ewan McGregor.
Courts et longs métrages, sans oublier les documentaires et les rencontres, les visiteurs pourront débattre et échanger sur bon nombre de sujets. Du sexisme (avec le documentaire
La Domination masculine), à la lutte contre le VIH (Act Up, on ne tue pas que le temps), voire à la prostitution (Claudette).
Tout ceci dans une « ambiance conviviale, chaleureuse, festive, légère et profonde tout à la fois, avec ses moments incontournables et ses nombreuses surprises », comme laisse l’entendre l’édito du festival.

E. B.

Pour plus d’informations sur le festival et sa programmation, rendez-vous sur le site du festival.

Le tribunal de Besançon accorde à une lesbienne le droit d’adopter un enfant

Friday, November 13th, 2009

justiceC’est une première en France. Après dix années de bataille juridique et administrative, Emmanuelle, 48 ans, a finalement obtenu un agrément d’adoption, qui lui a été accordé cette semaine par le tribunal administratif de Besançon. Annulant les précédentes décisions du Conseil général du Jura, qui s’y opposait farouchement, le tribunal impose au même Conseil général d’accorder son agrément dans les 15 jours, « sous astreinte de 100 euros par jour de retard ».
Vivant en couple avec Laurence, seule la demandeuse, Emmanuelle, sera déclarée comme mère adoptive. Sa compagne restera elle un tiers vis-à-vis de l’enfant.

Un parcours juridique éprouvant

10 ans. C’est donc le temps qu’il aura fallu pour qu’Emmanuelle obtienne ce droit. 10 ans de bataille juridique qu’Emmanuelle a livrée, allant même plaider sa cause devant la Cour européenne des droits de l’Homme. Le but : obtenir le droit d’adopter un enfant que le Conseil général de son département, le Jura, lui refusait systématiquement, au motif qu’il existe « des différences notables (au sein du couple) dans le projet d’adoption, notamment au niveau de l’âge de l’enfant ».
Le jugement européen tombe en janvier 2008 et condamne la France pour discrimination sexuelle. En France, une célibataire peut adopter un enfant, mais pas une célibataire homosexuelle. « C’est de la discrimination basée sur l’orientation sexuelle du demandeur », avaient estimé les juges européens.
Rassurée et soutenue au niveau européen, Emmanuelle refait une demande auprès de son Conseil général. Un nouveau refus tombe au printemps 2008.
Finalement le tribunal de Besançon a suivi le premier jugement européen, tout en s’appuyant sur les rapports des travailleurs sociaux qui sont « favorables à la demande d’agrément pour adoption ».

Des réactions variées

Depuis l’annonce de cette décision juridique, les réactions associatives et politiques se multiplient. Les unes pour souligner la grande avancée dans le droit des homos, les autres pour s’y opposer farouchement.
La secrétaire d’État chargée de la famille, Nadine Morano, a déclaré qu’« il n’y a pas de projet pour réformer l’adoption en faveur des couples homosexuels. Il faudra ouvrir le débat, pourquoi pas lors de la prochaine élection présidentielle ».
Du côté des protestataires, on retrouve Christian Vanneste, député l’UMP, condamnant « la malheureuse décision du tribunal qui a fait l’objet de l’habituel rouleau compresseur médiatique du groupe de pression homosexuelle ». Sans oublier les incontournables sorties du Front national, par la voix de Marine Le Pen, qui a estimé que « cette décision consacre la disparition d’une certaine morale d’Etat et le triomphe d’une société hédoniste ».
Du côté de la gauche, le député-maire Noël Mamère a salué « une grande victoire, le rêve que le droit est en train de rejoindre la société, un pas très important qui vient d’être franchi ».
Le Parti communiste français espère lui que « cette décision fera jurisprudence en France et dans tous les pays de l’Union européenne ».

Vers une jurisprudence ?

Pourquoi pas. En tout cas, la société semble évoluer dans ce sens. Selon Patrick Bloche, député socialiste, « la société est prête à accepter que des couples homosexuels adoptent des enfants. La loi peut donc être modifiée ». Impression confirmée par les statistiques. Un sondage BVA paru aujourd’hui pour Canal + va dans ce sens. Les Français seraient désormais 57% à être favorable à l’adoption par un couple homosexuel, alors qu’ils n’étaient que 48% en 2006.
Le Collectif contre l’homophobie se réjouit de la décision de justice rendue, estimant que désormais « la jurisprudence est établie ».

E. B.

La polémique de la semaine : l’homophobie règne-t-elle dans le foot ?

Friday, November 6th, 2009

footEt de 1, et de 2, et de 3 affaires homophobes, qui donne un zéro pointé au milieu du foot.
Après les déclarations de Marcello Lippi, sélectionneur de la Squadra Azzura, qui ne concevait « pas qu’un joueur puisse vivre de façon naturelle son homosexualité parmi ses coéquipiers », après la polémique sur le match annulé entre le Paris Football Gay et le Créteil Bébel, voici que Louis Nicollin vient de faire une nouvelle sortie médiatique.
Par voie de presse, après le match Auxerre-Montpellier, le président du club héraultais s’en est violemment pris au capitaine auxerrois, Benoît Pedretti, le traitant de « petite tarlouze ». Une insulte homophobe qui a fait réagir bon nombre d’associations, au premier rang desquelles le Paris Foot Gay, qui a immédiatement diffusé un communiqué de presse : « Il y a quelques mois, en répondant aux journalistes, Louis Nicollin ponctuait déjà chacune de ses phrases, au sujet de ses détracteurs et adversaires, d’injures à caractère homophobe du type “cette bande de pédés”, “les pédés”. (…) Il ne devrait donc plus être possible d’entendre de tels propos de la bouche d’un responsable du football français ». Propos partagé par Olivier Rouyer. Ancien attaquant de Nancy et de l’équipe de France, aujourd’hui commentateur sur Canal +, c’est le seul à avoir évoqué publiquement son homosexualité. En tout cas depuis samedi, il est furieux. « Ces propos sont inadmissibles et ne devraient pas exister. Cela n’a rien à voir avec le football, qui cultive normalement les valeurs de respect, de don de soi, de tolérance » a-t-il affirmé.

Complaisance ou sanction ?

Des propos qui jouissent d’une certaine complaisance de la part de certains acteurs du monde du foot. « On connaît le personnage. C’est quelqu’un de passionné, d’exubérant », relativise le vice-président délégué de l’Unecatef (Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football), Pierre Repellini.
D’autant que dans ce sport, où la virilité fait loi, l’insulte est aussi courante qu’inconsciente. Les insultes « sales enculés » ou « petits pédés » sont monnaie courante, tant dans les bouches, que sur les banderoles, avec un but bien précis de la part des supporters : « dévaloriser l’adversaire en remettant en cause sa virilité », explique Philippe Liotard, sociologue à l’Université de Lyon I.
« J’ai connu ça toute ma carrière, ça fait partie du folklore, mais on devrait quand même l’interdire », déplore Vikash Dhorasoo.

Face à la polémique, les instances dirigeantes du foot français ont adressé une convocation à Louis Nicollin, qui devra se présenter devant le Conseil national de l’éthique du foot le 16 novembre prochain. Interrogé par RMC, Louis Nicollin a fait savoir qu’il n’acceptera pas une lourde sanction de la part du CNE. Pour lui, « cette histoire a été réglée dimanche matin. J’ai appelé Benoît Pedretti pour m’excuser et il a accepté de suite », avant de s’en prendre aux associations de défense des gays, qui profite de l’occasion pour faire parler d’elles.
Affaire à suivre…

E. B.

Joyeux anniversaire au Pacs, qui célèbre ses dix ans

Wednesday, November 4th, 2009

pacs10 ans déjà que le Pacs existe. 10 ans que couples homosexuels ou hétérosexuels peuvent contracter une union, sans passer forcément devant le Monsieur le Maire. C’était le 15 novembre 1999. Ce jour-là, un grand pas dans la reconnaissance de l’homosexualité venait d’être franchi. Trois jours après, deux hommes, Dominique et Francis concluaient le tout 1er Pacs à Lille, après 19 ans de vie commune. Une révolution pour certains, un scandale pour d’autres, aux premiers rangs desquels Christine Boutin, députée et présidente du Parti chrétien démocrate, qui avait brandi une  Bible en plein débat à l’Assemblée nationale.

Mais qu’en est-il 10 ans après ?

Contrairement à certaines idées reçues, le Pacs n’est pas un « mariage gay », puisque près de 95 % des pacsés en 2008 étaient hétérosexuels. Beaucoup le considèrent comme une étape avant le mariage traditionnel ou encore comme un avantage fiscal et administratif.
En 10 ans, la part des Pacs contractés par des homosexuels s’est considérablement réduite. Alors qu’ils représentaient 42% des signatures en 2000, ils ne sont plus que 6% aujourd’hui.
Le Pacs se « hétéroïse », mais il se banalise également. Le nombre de conclusions de Pacs augmente chaque année, contrairement au mariage qui lui tend à stagner. On a même célébré le millionième Pacs l’an dernier. Selon les dernières statistiques de l’Ined pour l’année 2008, 145.000 nouveaux Pacs ont été signés contre environ 270.000 mariages.
Quel que soit la motivation ou l’orientation sexuelle des contractants, toujours est-il que le Pacs est définitivement entré dans les mœurs. Fait marquant, le traditionnel « salon du mariage » est devenu le « salon du mariage et du Pacs ».

Des avancées certaines, mais du chemin reste à parcourir

En une décennie, de notables avancées juridiques et législatives ont été réalisées.
En 2005, la loi de finances a permis aux pacsés de bénéficier d’une imposition commune dès la conclusion du pacte (et non plus d’attendre trois ans). Ils bénéficient également d’avantages fiscaux en cas de décès de l’un des deux contractants (exonération des droits de succession si testament il y a eu). Depuis le 8 septembre 2009, les détenus ont même le droit de se pacser en prison, y compris avec un autre co-détenu.
En revanche, des dispositions peuvent encore être prises, notamment au niveau de la parentalité et de l’adoption. Alors que les enfants d’un couple marié sont automatiquement soumis à l’autorité des deux parents, les enfants d’un couple pacsé ne le seront que si, et seulement si, le père fait une demande de reconnaissance figurant sur l’acte de naissance. Pour l’adoption, enjeu du débat politico-médiatique et associatif du moment, les pacsés ne peuvent toujours pas faire conjointement une demande d’adoption.
Autre revendication des associations : l’attribution de pension de réversion en cas de décès de l’un des deux contractants, qui n’est toujours pas effective aujourd’hui.

Il ne nous reste plus qu’à souhaiter un très bon anniversaire au Pacs, en espérant ne pas attendre encore une décennie pour évoquer de nouvelles avancées significatives.

E. B.

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