5ème édition de la Journée Idaho : homophobie et religion
Monday, May 17th, 2010
C’est la cinquième édition de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie qui se déroule chaque 17 mai, appelée Idaho (International Day Against Homophobia).
Un mouvement lancé il y a maintenant cinq ans par Louis-Georges Tin, président du Comité de la Journée Mondiale contre l’Homophobie (IDAHO).
Célébrée dans plus de 50 pays, la Journée est aujourd’hui reconnue officiellement en Belgique, au Royaume-Uni, en France, au Luxembourg, aux Pays-bas, au Mexique et au Costa Rica. Le but : dénoncer toutes formes de discriminations et lutter contre l’homophobie et la transphobie à l’échelle mondiale.
Religion et homophobie
Pour cette 5ème édition, le Comité a choisi pour thème : les religions, afin de demander aux croyants, leaders et représentants religieux de s’engager, non pas en faveur de l’homosexualité, mais plutôt de désapprouver l’homophobie dont font preuve certains au nom de leur dieu ou de leur religion.
Pour donner un plus grand impact à cette Journée, des débats auront lieu à l’Assemblée nationale, avec des représentants de certaines religions. A noter la présence, bien évidemment, de Louis-Georges Tin, ainsi que celle de Richard Prasquier, président du CRIF, Tarek Oubrou, imam de Bordeaux, Marie-Laure Dénès, représentante de la Conférence des évêques de France, Jean-Pierre Rive, représentant de la Fédération protestante de France, Michaël Azoulay, rabbin de Neuilly et représentant du Grand Rabbin de France, Jean-Michel Dunand, prieur de la Communion de Béthanie, Franck Giaoui, président du Beit Haverim (groupe juif gay et lesbien de France), Ludovic Lofti Mohamed Zahed, président de HM2F (Homosexuels musulmans de France), Mouloud Aounit, président du MRAP, ou encore Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l’Homme.
Progression fragrante de l’homophobie en France
Une cinquième édition qui se célèbre au moment même où l’homophobie progresse incontestablement en France. C’est en tout cas ce qui ressort du rapport annuel que vient de publier l’association SOS Homophobie. Violences physiques, insultes, discriminations, les témoignages sont nombreux et dénoncent tous une recrudescence des actes
homophobes.
Et les chiffres sont parlants : le nombre d’agressions physiques est passé de 61 en 2008 à 88 en 2009. Elles touchent majoritairement les hommes (76%), et de plus en plus de jeunes victimes, de 18 à 24 ans (22 cas en 2009 contre 6 en 2008).
Avec fait majeur à souligner : le web serait devenu le nouveau « défouloir » pour les propos homophobes. La liberté d’expression, ça a du bon, mais pas quand elle est détournée à des fins aussi nauséeuses, où discours haineux, amalgames et stéréotypes écœurants se rejoignent.
Régulièrement le fameux kiss-in s’empare des places françaises. En peu partout dans l’Hexagone, gay, lesbiennes et hétéros sont conviés à s’embrasser ouvertement.
Mais les kiss-in s’exportent aussi à l’étranger : en Angleterre (Brighton, Glasgow, Londres, Plymouth), en Australie (Adelaïde, Brisbane, Canberra, Melbourne, Perth et Sydney), au Canada (Edmonton et Lethbridge), en Colombie (Bogota), en Allemagne (Berlin), en Israël (Tel-Aviv), en Italie (Bologne), en Nouvelle-Zélande (Auckland), au Pérou (Lima), au Portugal (Lisbonne, Porto), en Espagne (Madrid), en Suède (Stockholm), en Suisse (Genève, Lausanne), aux USA (Birmingham, Atlanta, Austin, Chicago, Portland, San Francisco, St Louis).
51 autoportraits d’hommes risquant leur vie pour vivre leur sexualité comme bon leur semble. 51 gays, des quatre coins du monde, qui ont décidé de témoigner pour expliquer à quel point il peut être très difficile, voire dangereux, d’être homo dans leur pays.
Au vu des ces sanctions et jugements, il parait évident que ces hommes se réfugient ainsi dans la discrétion et le secret absolu. « Les convaincre de témoigner a été un travail de longue haleine. Prendre contact avec eux, les mettre en confiance, leur assurer l’anonymat a été difficile. Finalement, sur plus de 700 contacts, 51 ont accepté, ajoute Philippe Castetbon. Certains ont été spontanément enthousiastes, d’autres beaucoup plus réticents, même s’ils trouvaient ce projet super. »