Archive for the ‘actus gay’ Category

L’Argentine : premier pays sud-américain à autoriser le mariage gay

Lundi, juillet 19th, 2010

symbole-homme-hommeL’ est devenu jeudi dernier le premier pays sud-américain a autorisé le mariage homosexuel. Il ne restait plus que le vote très attendu du Sénat argentin, c’est désormais chose faite, avec 33 votes pour, 27 contre et 3 abstentions. Un débat houleux qui a duré plus de 14 heures, entre les promoteurs de la loi, aux premiers rangs desquels la présidente Cristina Kirchner, et les représentants de l’Eglise catholique, avec à sa tête le cardinal Jorge Bergoglio. Préalablement l’Assemblée nationale avait déjà voté en faveur d’une telle loi.
La loi de « matrimonio igualiario », de mariage égalitaire, permet donc à deux personnes de même sexe de contracter une union civile et reconnue.

Les mêmes droits que les hétéros

Parallèlement à cette union, les futurs mariés pourront également adopter des enfants et bénéficier des mêmes mesures sociales que les hétéros, à savoir la sécurité sociale, les héritages ou encore les congés parentaux.
Ville déjà très friendly, Buenos Aires, étant la première ville d’Amérique latine à voter, en 2003, une loi d’union civile pour couples du même sexe, elle pourrait bien devenir le nouvel Eldorado des homosexuels qui souhaitent se marier.
Rappelons qu’en Uruguay, la Chambre des députés a adopté en août dernier un projet de loi autorisant l’adoption d’enfants par les couples homosexuels. Auparavant, ce pays avait été le premier de la région à légaliser les unions civiles homosexuelles dès 2007.
Pourvu que ces dispositions se propagent dans les pays voisins…

E. B.

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5ème édition de la Journée Idaho : homophobie et religion

Lundi, mai 17th, 2010

idahoC’est la cinquième édition de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie qui se déroule chaque 17 mai, appelée Idaho (International Day Against Homophobia).
Un mouvement lancé il y a maintenant cinq ans par Louis-Georges Tin, président du Comité de la Journée Mondiale contre l’Homophobie (IDAHO).
Célébrée dans plus de 50 pays, la Journée est aujourd’hui reconnue officiellement en Belgique, au Royaume-Uni, en France, au Luxembourg, aux Pays-bas, au Mexique et au Costa Rica. Le but : dénoncer toutes formes de discriminations et lutter contre l’homophobie et la transphobie à l’échelle mondiale.

Religion et homophobie

Pour cette 5ème édition, le Comité a choisi pour thème : les religions, afin de demander aux croyants, leaders et représentants religieux de s’engager, non pas en faveur de l’homosexualité, mais plutôt de désapprouver l’homophobie dont font preuve certains au nom de leur dieu ou de leur religion.
Pour donner un plus grand impact à cette Journée, des débats auront lieu à l’Assemblée nationale, avec des représentants de certaines religions. A noter la présence, bien évidemment, de Louis-Georges Tin, ainsi que celle de Richard Prasquier, président du CRIF, Tarek Oubrou, imam de Bordeaux, Marie-Laure Dénès, représentante de la Conférence des évêques de France, Jean-Pierre Rive, représentant de la Fédération protestante de France, Michaël Azoulay, rabbin de Neuilly et représentant du Grand Rabbin de France, Jean-Michel Dunand, prieur de la Communion de Béthanie, Franck Giaoui, président du Beit Haverim (groupe juif gay et lesbien de France), Ludovic Lofti Mohamed Zahed, président de HM2F (Homosexuels musulmans de France), Mouloud Aounit, président du MRAP, ou encore Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l’Homme.

Progression fragrante de l’homophobie en France

Une cinquième édition qui se célèbre au moment même où l’homophobie progresse incontestablement en France. C’est en tout cas ce qui ressort du rapport annuel que vient de publier l’association . Violences physiques, insultes, discriminations, les témoignages sont nombreux et dénoncent tous une recrudescence des actes rapport-sos-homophobiehomophobes.
Et les chiffres sont parlants : le nombre d’agressions physiques est passé de 61 en 2008 à 88 en 2009. Elles touchent majoritairement les hommes (76%), et de plus en plus de jeunes victimes, de 18 à 24 ans (22 cas en 2009 contre 6 en 2008).
Avec fait majeur à souligner : le web serait devenu le nouveau « défouloir » pour les propos homophobes. La liberté d’expression, ça a du bon, mais pas quand elle est détournée à des fins aussi nauséeuses, où discours haineux, amalgames et stéréotypes écœurants se rejoignent.

E. B.

Pour plus d’info sur la Journée Idaho du 17 mai, rendez-vous sur le site officiel Idaho
Pour plus d’info sur le rapport annuel de , cliquez ici

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Un nouveau week-end de Kiss-in dès samedi : militons ensemble contre l’homophobie

Jeudi, mai 13th, 2010

couple-homo-hommeRégulièrement le fameux s’empare des places françaises. En peu partout dans l’Hexagone, gay, lesbiennes et hétéros sont conviés à s’embrasser ouvertement.
A noter que le prochain a lieu ce week-end, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie du 17 mai, l’’IDAHO.

Des relents d’homophobie qui s’invitent au

Mais ces effusions de tolérance et d’amour agacent de plus en plus les milieux catholiques extrémistes.
A Paris, le lieu du du 14 février, initialement sur le parvis de Notre-Dame, a dû être déplacé place Saint-Michel. La raison : des centaines d’extrémistes catholiques les y attendaient de pied ferme. Quand quelques homos ont foulé le sol de Notre-Dame, un groupe de militants ultra les a assailli de coups. L’affaire est aujourd’hui devant la justice.
Ce week-end, c’est à Lyon que les homophobes ont décidé d’agir car ils refusent que le se fasse devant la cathédrale Saint-Jean. L’association Lesbian & Gay Pride de Lyon a d’ores et déjà demandé à l’archevêque de Lyon, Monseigneur Barbarin, « de prendre toutes ses responsabilités et de rappeler à l’ordre ses brebis qui se seraient égarées ».

Des rassemblements français mais aussi internationaux

Pour que les rassemblements prévus ce week-end trouvent un large écho au sein de la population, voici la liste des villes organisants un .
- à Amiens, samedi 15 mai à 16h, Place Gambetta
- à Avignon, samedi 15 mai à 18h, Place de l’Horloge
- à Bordeaux, dimanche 16 mai à 16h, devant les quinconces
- à Lille, samedi 15 mai à 18h, Grand Place
- à Lyon, samedi 15 mai à 19h30, Place Saint-Jean
- à Marseille, samedi 15 mai à 15h55, place Charles De Gaulle
- à Montpellier, samedi 15 mai à 15h45 devant Virgin Megastore - Les Halles Castellane.
- à Nancy, mercredi 19 mai à 17h place Stanislas.
- à Nice, lundi 17 mai à 19h, place Garibaldi
- à Orléans, samedi 15 mai à 14h, 15h et 16h, place du Martroi
- à Paris, dimanche 16 mai à 16h, au Trocadéro
- à Rennes, lundi 17 mai
- à Toulon, dimanche 16 mai à 16h place de la Liberté

homo-main-dans-la-mainMais les s’exportent aussi à l’étranger : en Angleterre (Brighton, Glasgow, Londres, Plymouth), en Australie (Adelaïde, Brisbane, Canberra, Melbourne, Perth et Sydney), au Canada (Edmonton et Lethbridge), en Colombie (Bogota), en Allemagne (Berlin), en Israël (Tel-Aviv), en (Bologne), en Nouvelle-Zélande (Auckland), au Pérou (Lima), au Portugal (Lisbonne, Porto), en Espagne (Madrid), en Suède (Stockholm), en Suisse (Genève, Lausanne), aux USA (Birmingham, Atlanta, Austin, Chicago, Portland, San Francisco, St Louis).

Pour plus d’info, rendez-vous sur le site officiel des kiss-in.

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Les « Condamnés » témoignent : dans leur pays, leur sexualité est un crime

Mardi, mai 4th, 2010

condamne-couv51 autoportraits d’hommes risquant leur vie pour vivre leur sexualité comme bon leur semble. 51 gays, des quatre coins du monde, qui ont décidé de témoigner pour expliquer à quel point il peut être très difficile, voire dangereux, d’être homo dans leur pays.

Reconnus coupables de « connexion contre nature » ou de « rapports sexuels dévoyés », ces hommes risquent tous une sanction. De la banale amende (en Algérie), à la peine de mort (Afghanistan, Iran, Mauritanie, Yémen,…) en passant par les persécutions, lapidations et emprisonnements, pouvant allant jusqu’à la prison à vie (Ouganda, Pakistan).

Tel est le terrible constat qu’a souhaité dénoncer Philippe Castetbon, journaliste et photographe, dans son recueil de photos intitulé « Les Condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime » (paru aux Editons H&O). Une expo photo s’est également tenue à Paris, dans l’enceinte de la Mairie du 3e arrondissement en février dernier.

C’est en surfant sur Internet que le projet a commencé, quand Philippe Castetbon a pris conscience de l’opportunité qu’offrait le web à tous ces hommes, de pouvoir s’exprimer plus librement, mais anonymement. Librement ou presque car il faut tout de même rester constamment sur ses gardes. « Le Net a permis à tous ces hommes de dialoguer, d’échanger de façon beaucoup plus libre, même s’ils font extrêmement attention aux pièges que peuvent leur tendre les autorités de leur pays, précise Philippe Castetbon. Mais c’est véritablement une belle ouverture sur le monde qui leur est désormais proposée ».

Un travail artistique autour du secret et de l’anonymatcondamnes-baha-ok

Une cinquantaine d’autoportraits, de profil ou cachés derrière des mains, des masques ou des chapeaux, accompagnés de témoignages bouleversants sur la manière qu’ont ces gays de vivre leur sexualité. Du mariage prétexte à l’exil, des mots durs expriment leurs sentiments. Certains reviennent de façon récurrente, comme le terme de honte, de peur, de mal-être ou encore de normalité. A côté de ces témoignages, figurent les textes de loi régissant ces actes homosexuels. Stupéfiant de constater la persistance de certains amalgames. Que ce soit au Bangladesh, au Botswana, à Gaza, en Gambie,…, la zoophilie est encore accolée à l’homosexualité. « Quiconque a volontairement un rapport charnel contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme, ou un animal, sera puni par la déportation à vie ou par une peine de prison pouvant aller jusqu’à 10 ans,… » (extrait de l’article 377 des lois birmanes).

condamne-papAu vu des ces sanctions et jugements, il parait évident que ces hommes se réfugient ainsi dans la discrétion et le secret absolu. « Les convaincre de témoigner a été un travail de longue haleine. Prendre contact avec eux, les mettre en confiance, leur assurer l’anonymat a été difficile. Finalement, sur plus de 700 contacts, 51 ont accepté, ajoute Philippe Castetbon. Certains ont été spontanément enthousiastes, d’autres beaucoup plus réticents, même s’ils trouvaient ce projet super. »

Un projet artistique de témoignages poignants, qui a un but : « informer sur la situation dramatique que vivent ces homos, contraints de se cacher. Car dans cette tristesse-là, se trouve quelque chose d’artistique, reconnaît le journaliste.

Il ne reste plus qu’à espérer que les mentalités, mais surtout les lois, évoluent rapidement, à l’image des îles Fidji qui ont abrogé la loi interdisant l’homosexualité il y a un peu plus d’un mois. « Et pour couronner le tout, ils m’ont même sollicité pour présenter un jour l’exposition chez eux. Comme quoi tout peut changer ! ».

Propos recueillis par Emilie Bedos

Pour tous ceux qui ont raté l’exposition parisienne, il y aura un session de rattrapage à Montpellier, du 20 mai au 5 juin, à la Médiathèque F. Fellini.

Le livre « Les Condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime » est paru aux éditions H&O.condamnes-alg

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La polémique de la semaine : le Vatican établit un lien entre homosexualité et pédophilie

Mardi, avril 13th, 2010

drapeau-homoC’est ce qu’a affirmé hier le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, en déclarant que la pédophilie était liée à l’homosexualité et non pas au célibat. Histoire de noyer le poisson de tous les nouveaux cas de pédophilie émanant du clergé, rien de tel que de soulever une polémique.
Le secrétaire d’état du Vatican a tenté d’étayer ses propos par des arguments scientifiques douteux. « Nombre de psychologues et de psychiatres ont démontré qu’il n’y a pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment qu’il y a une relation entre homosexualité et pédophilie », a-t-il affirmé. Lesquels ? On n’en sait rien. Avant d’ajouter que « cette pédophilie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à moindre degré si l’on regarde les pourcentages ». Même s’il promet que le pape prendra des mesures fortes sur les affaires de pédophilie dans l’Église. Une façon de plus de répondre aux accusations d’opacité de l’Eglise catholique face à toutes ces affaires. En attendant, très peu de sanctions ne sont tombées à l’encontre de prêtres accusés de pédophilie !
Des propos qui, on l’imagine bien, ont provoqué la colère de nombreuses associations de défense des droits des homosexuels et LGBT, pour qui, aucune étude scientifique n’a établi un tel lien.

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Foot : l’AS Saint-Etienne entre en guerre l’homophobie

Mercredi, avril 7th, 2010

logo-st-etienne2Quatrième club de foot de Ligue 1 à signer la Charte contre l’Homophobie, l’AS Saint-Etienne rejoint donc le rang dans la lutte contre l’homophobie. Après le PSG, l’AJ Auxerre et l’OGC Nice, les dirigeants des Verts entendent bien sensibiliser les acteurs du foot contre toutes formes de .
Une signature effectuée la semaine dernière et saluée par le Paris Foot , fondateur de cette Charte, qui espère que d’autres clubs de Ligue 1 fassent de même et joignent « leurs forces pour combattre ce fléau au quotidien ». Idem pour la Fédération Française de Foot, qui ne s’est toujours pas exprimée dans cet appel à la tolérance et au dépassement des préjugés.
Seule la LFP (Ligue de Football Professionnel) a déjà pris position en signant la Charte, faisant de la France le quatrième pays Européen à reconnaître et à s’engager contre cette discrimination.
Quatre clubs sur 20, c’est un début, mais cela reste insuffisant.

6 points capitaux dans le respect des autrespfg-homophobie

La Charte, claire et directe, énonce ainsi six points que les clubs ou les instances du foot doivent s’engager à respecter.

  1. Prendre en compte et reconnaître de manière explicite l’homophobie en tant que discrimination
  2. Dénoncer et prendre les sanctions adéquates contre toute attitude homophobe
  3. Promouvoir la diversité dans le milieu du football et assurer la diffusion de messages sur la tolérance, le respect et la dignité
  4. Apporter aide et soutien aux joueurs, entraîneurs ou autres personnes évoluant dans le milieu du football qui pourraient être harcelés, insultés ou mis à l’écart en raison de leur orientation sexuelle
  5. Mettre en place un module éducatif sur la lutte contre les
  6. Veiller et réagir à chaque signe d’homophobie, et en référer régulièrement aux associations concernées.

E. B.

Pour consulter la Charte dans son intégralité, cliquez ici.

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C’est LE coming-out de la semaine : celui de Ricky Martin

Jeudi, avril 1st, 2010

symbole-homme-homme1Et c’est le séduisant latino, lui-même, qui l’a annoncé sur son site web. Le fruit d’un « processus très intense » a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il se sent désormais « libéré d’un poids, d’une vérité pesante ».
Mais cette déclaration n’a pas surpris grand monde dans la mesure où des rumeurs sur son homosexualité couraient depuis longtemps. C’est désormais officiel !
Père de jumeaux nés en 2008 d’une mère porteuse, Valentino et Matteo, ses deux fils semblent avoir joué un rôle déterminant dans cette révélation.
Autre élément déclencheur : sa volonté d’écrire, à 38 ans, ses Mémoires. « Des années de silence et de réflexion m’ont rendu plus fort et m’ont rappelé que la doit venir de l’intérieur. Aujourd’hui c’est mon jour, mon heure, mon moment, a-t-il déclaré sur son site. Aujourd’hui, j’accepte mon homosexualité comme un cadeau que m’a donné la vie. Je me sens béni d’être qui je suis ! Je suis fier de dire que je suis un homosexuel heureux », a-t-il précisé en guise de conclusion de cette confession.
L’interprète portoricain de « Un, dos, tres, Maria » est désormais un homme libéré d’un certain poids, fidèle à ce qu’il est et à ce qu’il désire. Un acte sincère et courageux qui, on l’espère, ne ternira en rien sa réputation et l’amour que lui témoignaient ses fans.

Et vous, que pensez-vous d’une telle déclaration ???

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De l’homosexualité à la déportation du temps de Mussolini

Mardi, mars 23rd, 2010

livre-italieDes homos italiens du temps de Mussolini ! Vous n’y pensez pas, car en , il n’y a que de vrais hommes ! Voilà en substance le point de départ de ce roman graphique, scénarisé par Luca de Santis et dessiné par Sara Colaone.
Du coup, aucune loi d’exception n’existait du temps du Duce pour condamner les homosexuels. Mais pour ne pas contrarier et choquer l’ordre et la morale fasciste, une solution : la déportation et le confinement sur les îles italiennes de tous ceux qui étaient accusés de « pédérastie passive, causant un grave préjudice à la morale publique et à l’intégrité de la race ».
D’une réalité historique fidèle et d’un graphisme épuré, mais tellement représentatif d’une époque, cette bande dessinée raconte l’histoire de Ninella, déporté dès 1938 sur l’île de San Domino dans l’archipel de Tremiti. Les souvenirs douloureux confiés par Ninella, devenu un vieil homme, à deux journalistes venus faire un reportage sur ces déportations est un témoignage fort de ce qui se passait du temps du Duce.
Rencontres…

Pourquoi vous êtes-vous intéressés à ce sujet ?

Lucas de Santis : L’intérêt pour ce sujet est né en 2001, suite à la publication, dans la revue culturelle gay « Babilonia », du témoignage d’un ex-déporté homosexuel sur les îles Tremiti. Sous ses airs de vieux grincheux et mal dans sa peau, il racontait une histoire captivante, dont je n’avais encore jamais entendu parler. À travers ses réponses, pourtant dures, je pouvais percevoir toute la douceur et la  peine ressenties par un être qui n’a jamais connu de trêve dans sa souffrance.
La rareté de l’information concernant ce sujet est un autre élément qui m’a poussé à faire des recherches, car seuls quelques historiens avaient auparavant étudié le sort de ces homosexuels exilés. L’envie de faire connaître et de partager cette histoire a été l’étincelle qui a régi le scénario, du début à la fin.

La documentation historique sur le sujet était-elle riche ou est-elle restée sous silence ? Avez-vous trouvé facilement des témoignages, ou bien les langues ont-elles toujours autant de mal à se délier ?

Lucas de Santis : Les difficultés étaient nombreuses. La documentation était pratiquement inexistante, constituée seulement d’articles courageux et de préambules. D’autant que la majorité des témoins directs de l’époque ne sont hélas plus de ce monde, ou bien se refusent à ressusciter des souvenirs si douloureux.
bdCes difficultés font aujourd’hui partie intégrante du roman, parce qu’il raconte toute la souffrance endurée jusqu’au retour de l’exil, mais sans toutefois trouver de paix et surtout de rachat pour ces déportations.
Tout le travail de documentation a été enrichi grâce aux archives conservées par l’Association Nationale des hommes Politiques Italiens Persécutés et Antifascistes (ANPPIA) de Rome. Sans omettre les documents vidéo et audio récupérés dans les années 80 et 90 par des historiens comme Goretti, Giartosio, Romano, Benadusi, Petrosino et Dall’Orto, auteur de l’interview précédemment citée avec l’ancien exilé, qui se trouve en annexe de ce livre.
Pour étoffer la vérité historique, nous avons passé, avec Sara, plusieurs jours sur l’île de San Domino. Mais, même là, il a été très difficile d’obtenir des informations. Les bâtiments, aujourd’hui transformés en installations touristiques, et la réticence des gens à témoigner de ce sujet, ne nous ont pas facilité la tache.

Graphiquement Sara, quelle a été votre source, vos modèles pour retranscrire les décors et l’ambiance de l’époque ?

Sara Colaone : Affronter la reconstruction historique a été un sujet fascinant, qui m’a mis face aux préjugés et aux clichés habituels. J’ai appris que l’homosexualité des années 30 se voyait et se vivait d’une manière très différente de ce qui se passe aujourd’hui. D’autant plus que les exilés de l’époque étaient souvent des hommes de pouvoir, issus de la bourgeoisie italienne. Cette réflexion a beaucoup influencé ma manière de travailler. J’ai cherché à m’inspirer des photos de personnes assez communes, en excluant celles des grands acteurs de l’époque et celles qui reflétaient les clichés trop stéréotypés de l’homosexualité. J’ai voulu restituer cette ambiance là avec peu de détails, mais surtout par la gestuelle des personnages.

Combien d’homosexuels comme Ninella ont été déportés pendant la dictature de Mussolini ?

Sara Colaone : Les documents conservés font état de quelque 300 exilés. Mais bon nombre d’autres cas devraient être mis en lumière dans l’année, suite à l’ouverture des archives de l’Etat, restées fermées à ce jour.

Quand ces déportations ont-elles cessé ?

Sara Colaone : On estime que les déportations, dans différentes régions italiennes, ont commencé en 1928. En 1938, date à laquelle commence notre récit, les homosexuels étaient tous regroupés à San Domino Tremiti, dans les Pouilles, et les dernières déportations ont eu lieu en 1942. Elles ont duré jusqu’à la chute du Duce et la fin de la guerre en 1945.

Votre BD sort à une période où l’on constate une recrudescence des actes homophobes depuis quelques années en , avec une certaine banalisation de cette violence. Pensez-vous que le Pacs, voulu par Prodi il y a trois ans, et enterré par l’équipe de Berlusconi, a-t-il une chance de voir le jour ?

Sara Colaone : Bien sûr, le PACS a été une occasion manquée de construire un nouvel esprit de famille, plus proche de la réalité que le modèle passé, désormais inadéquat. Il ne concernait pas uniquement les homosexuels, mais tous les Italiens Le PACS n’était pas la solution à tous les problèmes, mais il aurait pu être la première pierre dans un vaste projet de réformes majeures. C’est un important retour en arrière, une belle reculade, dans la façon de voir les choses.

Comment l’homosexualité est-elle ressentie de nos jours en ?

2-bd

Lucas de Santis : Je pense que notre pays souffre d’un mal typiquement italien, à savoir la réticence et le déni. Nous vivons dans une situation politique très sombre, désolante, dans laquelle la gauche ne prend pas la défense des minorités.
Quand nous avons présenté le livre, l’église catholique a déclaré que l’homosexualité était comparable à l’anorexie, à une maladie. Les réactions indignées face à une telle déclaration allaient toutes dans le même sens : les hommes politiques, de droite comme de gauche, se sont opposés avec fermeté à une telle ingérence et une telle absurdité. Mais entre nous, j’ai toujours du mal à imaginer la gauche en train de défendre les droits des homosexuels, alors que dire de la droite !

En bref, une très belle évocation en bande dessinée d’une page fort méconnue de l’histoire fasciste italienne. Qui mériterait bien d’être au programme des cours d’histoire !

Propos recueillis par Emilie Bedos

« En , il n’y a que des vrais hommes », de Luca de Santis et Sara Colaone, est paru au éditions Dargaud.

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Quand un dessin animé sur l’homosexualité crée la polémique

Vendredi, mars 12th, 2010

baiser-lune1C’est une véritable levée de boucliers qu’a provoqué un dessin animé, intitulé « Le Baiser de la Lune ». Destiné à être diffusé aux enfants des écoles primaires, le dessin animé raconte l’histoire de Félix, un poisson-chat, qui tombe amoureux de Léon, un poisson-lune. Une simple romance innocente et poétique. Ce n’est pas du tout l’avis des associations de lutte contre l’homoparentalité, ainsi que le parti chrétien-démocrate, par la voix de sa présidente, qui n’est autre que Christine Boutin, qui crient tous au scandale, au nom du respect de la famille traditionnelle, à savoir un père et une mère.

Le but : éveiller en douceur les consciences dès le plus jeune âge

Actuellement en cours de réalisation par Sébastien Watel, le film d’animation de 26 minutes devait être diffusé dans les classes de CM1 et CM2 afin de sensibiliser les enfants sur ce sujet délicat et leur apporter une vision moins stéréotypée des relations amoureuses. Un appel à la et à l’acceptation de la différence.
D’autant que ces dernières années, comme le rappelle Martine Billard, députée de Paris, des circulaires ont été envoyées aux chefs d’établissements en leur demandant d’être vigilant et ferme envers tout acte homophobe.

Marche arrière de l’éducation nationale

Un film d’animation destiné aux enfants de l’éducation nationale. C’est ce que pensait le réalisateur. Mais le ministère voyait la chose autrement dans la mesure où aucune demande officielle de partenariat n’avait été transmise. C’est désormais faite, il ne reste plus qu’au ministère de valider le projet. Mais au vu des nombres missives que reçoit le ministre Luc Châtel, en défaveur du film, quid de la décision finale !baiser22

Quand on sait que l’homophobie commence dès les cours d’école, un tel projet semblait indispensable pour éveiller les consciences en douceur, même vis-à-vis d’un jeune public. C’est dommage !

E. B.

Et vous, que pensez-vous du projet du « Baiser de la Lune » ?

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Créer le buzz contre l’homophobie avec la chanson de « Il à Il »

Vendredi, février 19th, 2010

ganaelDe « Il à Il », c’est la nouvelle de lutte contre l’ et les sociales, dont les profits seront reversés à l’association le Refuge. Une belle initiative lancée par deux chanteurs, Ganaël et Frédéric Ange qui, on l’espère, contribuera à faire avancer les mentalités, vers une plus grande tolérance envers les gays.
Le pitch : deux garçons qui s’aiment d’un tendre amour. Mais le poids, la douleur d’être homosexuel, de s’assumer en tant que tel et la peur du jugement rend cet amour difficile à supporter. Un appel à la tolérance et à la différence qui doit passer impérativement sur les ondes.
Pour y parvenir, l’impératif est de trouver une maison de disque. Et pour cela, Ganaël et Frédéric Ange ont besoin de tout le monde. Il faudrait un minimum de 10 000 écoutes sur le site de musique YouTube pour que les maisons de disque s’y intéressent et 25 000 pour espérer être distribué. Depuis le 1er janvier, date de mise en ligne de la , plus de 8 500 écoutes ont déjà eu lieu. C’est donc à VOUS de créer le buzz et d’inciter les maisons de disques à être solidaires avec un tel projet.
Tous les bénéfices seront directement versés à l’association Le Refuge de Montpellier. Créé en 2003, le Refuge a logopour but d’accueillir les jeunes en mal être face à leur homosexualité, bien trop souvent rejetés par leur famille.

Il et Elle

Le titre de « Il à Il » est interprété par Il et Elle. Elle, c’est Ganaël, auteur, co-compositeur (avec Arnaud Rosenbalt) et interprète de la . Artiste couronnée déjà d’un disque d’or, Ganaël a écrit plus d’une centaine de chansons pour d’autres interprètes.
Il, c’est Frédéric Ange, jeune chanteur homo, qui prépare actuellement son premier album « Au-delà… », qui contient notamment le remix de Mylène Farmer « Pourvu qu’elles soient douces ».
Il et Elle, c’est avant tout une conviction commune : faire quelque chose pour lutter contre l’.

Prochaines actions

Pour info, un Flash Mob sera organisé le 13 mars à 18h30, le lieu étant bien évidemment encore tenu secret.
Un clip de cette devrait prochainement être tourné à Paris, avec la présence de personnalités de la télé comme Cindy Lopes (de Secret Story), Magloire et Claire (des L5).
De même, un concert en présence de Jean-Marie Perier (auteur du livre « Casse Toi » qui relate justement l’histoire de certains jeunes, rejetés par leur famille, à cause de leur sexualité) sera organisé à Paris au profit du Refuge en mars.

E. B.

Pour écouter la sur YouTube, cliquez ici
Pour plus d’informations, rendez-vous sur leur page Facebook
Pour venir en aide au Refuge, cliquez ici

paroles

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