Quand l’homophobie attise le suicide !

homophobietue1D’après une étude de l’Inserm, datant de 2005, les jeunes homosexuels seraient 8% à avoir déjà tenté de mettre fin à leurs jours, contre seulement 2,6% pour les jeunes hétérosexuels. Un chiffre considérable qui met en cause l’homophobie qui règne dans le monde étudiant, dans les lycées et collèges. Insultes et exclusion font ainsi partie du quotidien de ses jeunes homos, qui, poussés à bout, décident d’en finir.

C’est à l’occasion des Journées Nationales de Prévention du Suicide, qui se tiennent jusqu’au 10 février, que le Caélif (Collectif des Associations étudiantes LGBT d’Ile de France) a décidé d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics, par le biais de la distribution de flyers et d’affiches de prévention.
« Guidés par l’actualité et la récente polémique suscitée par Luc Châtel, nous voulons avant tout informer sur le taux de sursuicidalité qui touche les jeunes homos de 15 à 25 ans », nous précise Christian Job, l’un des membres de Caélif. Avec un message très clair aux pouvoirs publics, en leur demandant d’inciter à la prévention le plus tôt possible. « Ce n’est pas, ajoute-t-il, prématuré d’aborder le problème de l’homophobie dès l’école primaire, car c’est justement dans les cours d’école que les premières insultes homophobes ou transphobes fusent. Nous demandons donc que cette éducation soit faite au plus tôt dans le cadre de la mission d’éducation civique de nos écoles ».

La campagne d’affichage et d’information est menée avec le soutien de l’association SOS Homophobie, qui met à la disposition de tout jeune en situation de mal-être sa la ligne Azur (0810 108 135)

Communiqué du Caélif : les jeunes LGBT appellent à la lutte contre l’homophobie et la transphobie

À l’occasion des Journées nationales de prévention du suicide, nos organisations rappellent que l’homophobie et la transphobie sont la première cause de suicide chez les jeunes LGBT de 15 à 24 ans. A titre d’exemple, 8% des étudiant-e-s LGBT ont déjà effectué une tentative de suicide, contre 2,6% chez les étudiants en général. Plus dramatique encore, selon une étude de l’INSERM en 2005, les jeunes homosexuels et bisexuels courent 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hommes hétérosexuels. D’autre part, une récente étude plus ciblée (avril 2009) réalisée en France, sur un échantillon réduit de 100 jeunes personnes trans de 16 à 26 ans, fait apparaître un taux de suicidalité encore plus grand, de l’ordre de 34%.

Les jeunes homosexuel-le-s et trans sont victimes d’un environnement normatif où les injures et propos dégradants liés à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre sont quotidiens dès l’école primaire. En cela, ce ne sont ni l’homosexualité ni la transidentité, mais le climat d’homophobie et de transphobie latente qui est directement à l’origine de ce mal-être. Fortes de ce constat, nos organisations alertent les pouvoirs publics sur l’urgence qu’il y a à mieux prévenir la sursuicidalité des jeunes LGBT. Nous lançons un appel à la mise en place d’un plan national destiné à prévenir et prendre en charge les jeunes :

  1. la formation des professionnels de l’éducation et de la santé sur le risque accru de suicidalité pour les jeunes LGBT, en raison du rejet homophobe et transphobe ;
  2. le renforcement et le développement des dispositifs d’écoute (accueils et lieu d’écoutes banalisés dans les lieux de vie scolaires et universitaires) ;
  3. un accompagnement psychologique et social du jeune dès la première tentative de suicide ;
  4. une enquête publique sur le lien entre suicide et sexualité, suicide et identité de genre, avec un suivi des chiffres qui permettront d’évaluer l’efficacité des moyens mis en œuvre.

Par ailleurs, seule une vraie politique de lutte contre l’homophobie et la transphobie dans les établissements scolaires, allant de pair avec un travail éducatif sur les représentations permettra de prévenir le mal-être chez les jeunes LGBT
Nous appelons les pouvoirs publics à prendre en considération la réalité des insultes homophobes banalisées dès l’école primaire et à prendre toutes les mesures nécessaires pour que recule significativement le mal-être ressenti par ceux qui, enfants ou adolescent-e-s, se découvrent une orientation ou une identité sexuelles qui les exposent à la stigmatisation.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Caélif .

E. B.

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