Posts Tagged ‘homophobie’

Violences en marge d’une manifestation contre le mariage gay

Wednesday, November 21st, 2012

Ce week-end, des mobilisations en faveur du mariage gay étaient programmées dans de nombreuses villes françaises. Dans le même temps, des manifestations contre ce même projet de loi avaient également lieu.

Une confrontation idéologique qui n’a pas tardé à se transformer en confrontation physique. Des membres de l’Institut Civitas, des catholiques traditionalistes, s’en sont pris violemment aux militantes Femen, le mouvement féministe ukrainien, en scandant « Jeunesse nationaliste », le cri de ralliement d’un groupe d’extrême-droite. Seins nus et parées de coiffes de nonnes, certaines militantes ont été rouées de coups et traînées par terre. Des journalistes présents sur les lieux ont également été agressés, à l’image de la journaliste et essayiste Caroline Fourest, qui a d’ores et déjà porté plainte. Ironie de l’affaire, Civitas, par le biais de son président Alain Escada, a également l’intention de porter plainte pour « violences en réunion et avec armes » et « violences et voies de fait ».

Condamnation politique

Du côté des politiques, ces violences ont également fait réagir. La députée PS de l‘Hérault, Anne-Yvonne Le Dain a demandé la dissolution de l’association Civitas. Alors que Jacques Bompard, maire d’Orange et député du Vaucluse, fondateur de la Ligue du Sud, incrimine, lui, l’attitude des féministes qui auraient outragé les manifestants de Civitas. « Nues et vociférant devant les jeunes enfants avec des inscriptions christianophobes et ordurières ornant leur poitrine », a-t-il fait part dans un communiqué de presse. La porte-parole du gouvernement, Nadjat Vallaud-Belkacem a de son côté prévenu qu’il n’y aurait « aucune tolérance à l’égard des violences de l’extrême droite ».
Une rare violence pour ces femmes qui ne demandaient que le respect et l’égalité pour tous.

E. B.

1ère Gay Pride russe samedi à Saint-Pétersbourg

Thursday, July 5th, 2012

Les homos russes auront le droit de défiler samedi à Saint-Pétersbourg. Un événement historique car c’est la première fois qu’une telle manifestation est autorisée en Russie. Depuis 2006, chaque tentative d’organisation de Gay Pride a échoué en raison du pouvoir qui les a toujours interdites et dispersées sans ménagement.
La 1ère Gay Pride russe se tiendra donc samedi de 11h 30 à 14h30 dans le parc Polioustrovski, où la mairie a autorisé un défilé d’un millier de participants. Cependant, en raison des nombreuses agressions homophobes dont sont victimes les Gays russes, les associations n’attendent qu’une centaine de manifestants car les militants ont peur de se faire tabasser.
Dans ce pays où l’homophobie était considérée comme un crime jusqu’en 1993 et comme une déviance d’une maladie mentale jusqu’en 1999, l’homophobie est très largement répandue.

Carton rouge contre l’homophobie dans le football

Thursday, June 9th, 2011

La semaine dernière, une charte contre l’homophobie dans le football a été signée par la Mairie de Paris. Cette charte a pour but de lutter contre les discriminations et principalement d’homophobie dans ce milieu réputé très machiste, où les banderoles homophobes sont légions. Il est très rare que des stars du football fassent leur « coming out ». Récemment le capitaine de l’équipe nationale allemande de football, Philipp Lahm, officiant au Bayern de Munich, a déclaré déconseiller aux joueurs professionnels de révéler leur orientation sexuelle, s’exposant ainsi aux injures des autres joueurs. C’est dire si le sujet reste encore tabou. Pour célébrer cette charte, quelques joueurs ou personnages du monde footballistique se sont réunis pour une vidéo de sensibilisation. Parmi eux, Ludovic Giuly, Sonny Anderson, Louis Nicollin, ou encore Marc Planus qui déclarait à cette occasion “l’homophobie ne nous fera jamais gagner un match, un joueur homo, un joueur gay, peut-être”.
Une belle initiative qui, espérons-le, fera bouger les mentalités.

Journée internationale contre l’homophobie

Tuesday, May 17th, 2011

Aujourd’hui 17 mai, c’est la journée internationale de lutte contre l’homophobie. Depuis 6 ans, cette journée a pour objectif de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie.
Cette journée, célébrée dans plus de soixante-dix pays, propose des campagnes ciblées autour de problèmes tels que la violence contre les homosexuels et les transsexuels, ou encore le rapport délicat entre religion et homosexualité.
En France, la journée prône une « dépénalisation universelle » de l’homosexualité, soutenue par un appel aux dons. L’homosexualité est toujours passible de la peine de mort dans sept pays et d’incarcération dans quatre-vingt autres.

Une journée en mémoire des déporté(e)s homosexuel(le)s

Friday, April 22nd, 2011

Durant la seconde guerre mondiale, les nazis ont déporté des hommes et des femmes parce qu’ils, ou elles, étaient homosexuel(le)s. Plusieurs associations, dont l’association les Flamands Roses ou encore les « Oublié(e)s » de la Mémoire, se battent pour que la République Française reconnaisse officiellement la déportation pour motif d’homosexualité.
Ces associations seront donc présentes à la journée nationale du souvenir des héros et des victimes de la déportation le dimanche 24 avril 2011 à Lille. Une cérémonie officielle qui se déroulera au mémorial de la Résistance de la Noble Tour, rue Georges Lefèvre et auxquelles elles apposeront un porte-drapeau et une gerbe de fleurs en mémoire de ces déportés.


In&Out, festival gay et lesbien de Nice : clap 3 !

Friday, April 15th, 2011

C’est parti pour la troisième édition du festival du film gay et lesbien de Nice. Le In&Out ouvrira ses portes mardi soir (19 avril) avec une soirée d’ouverture au Mamac et au Smarties pour se clôturer mercredi 27 avril. Au programme, une trentaine de films diffusés sur les 9 jours du festival, des documentaires, des soirées et des hommages à Jean Genet, à Pier Paolo Pasolini, Werner Schroeter et Jean le Bitoux.

L’intime au cœur du débat

Une nouvelle édition placée sous la thématique de l’intime, entre histoire personnelle, familiale, et politique. « Sur proposition des artistes, le choix du thème de l’intime s’est imposé à nous, a tenu à préciser Benoît Arnulf, directeur du festival. Les réalisateurs invités voulaient livrer leur intimité, leurs ressentis personnels. A l’image du réalisateur portugais, Joao Pedro Rodrigues, qui souhaitait évoquer une expérience très personnelle sur les errances d’un jeune homme, plaçant l’individu au cœur de la réflexion, de son intimité. » Idem pour Renate Costa, réalisatrice du film d’ouverture, « Cuchillo de Palo », qui voulait témoigner de son histoire familiale et politique, relatant l’histoire de son oncle, homosexuel et victime de la dictature de Stroessner durant les années 80 au Paraguay.

Un programme varié, inédit et actuel

Le festival In&Out, c’est « 9 jours de projections, de débats et de rencontres, une trentaine de films présentés, pour la plupart inédits, de cinéastes dont nous admirons et aimons le travail », précise Benoît Arnulf.
De belles rencontres qui rythmeront avant tout ce festival. Avec des invités notoires qui ont répondu présents, comme João Pedro Rodrigues, cinéaste portugais, remarqué lors de la Mostra de Venise ou du Festival de Cannes, Emilie Jouvet, photographe du milieu underground et réalisatrice de « Too Much Pussy », adaptation hard de « Tournée » de Mathieu Amalric. A noter également la présence de Vincent Dieutre, réalisateur « EA2 (Jean Eustache) », « EA3 (Jean Cocteau) » et « Mon voyage en Hiver », le  retour de Céline Sciamma pour son dernier film, « TomBoy », fraîchement récompensé au Festival de Berlin, et Louis Dupont pour le dernier volet de sa trilogie, « Les garçons du Lido », accompagné d’un de ses garçons du Lido, Andy Griffith.

Une dimension militante du festival

Mais qui dit films, dit aussi documentaires, qui visent à révéler la dimension militante du festival. Durant deux jours, des documentaires éveilleront les consciences, mobiliseront et sensibiliseront les spectateurs sur des thèmes chers aux organisateurs.
En premier lieu : l’homophobie, qui doit encore et toujours être combattue car les crimes et les lois homophobes persistent dans bon nombre de pays.  « Une nette sensibilisation politique en pointant le doigt sur le cas ougandais, où le gouvernement du président Yoweri Museveni prévoit la mise en place d’un projet de loi condamnant à la peine de mort des auteurs d’actes homosexuels », dénonce Benoît Arnulf.
Dans un second temps, « c’est du militantisme gay dont il sera question avec le documentaire  « Beyond Gay » (de Bob Christie, N.D.L.R.), et les raisons qui poussent encore les militants à organiser des Gay Pride », ajoute Benoît Arnulf.
Sans oublier les hommages aux artistes qui ont milité en faveur de l’homosexualité, du philosophe Michel Foucault à Jean Genet, au cinéaste Werner Schroeter ou au journaliste et activiste Jean Le Bitoux. Un devoir de mémoire.

En belle progression au niveau de la fréquentation sur les deux dernières éditions, nous espérons qu’il en soit de même cette année. Venez nombreux, le cinéma gay et lesbien vous attend !

Propos recueillis par Emilie Bedos

Pour plus d’info, rendez-vous sur le site du festival www.lesouvreurs.com

 

Apple retire l’application homophobe de son App Store

Friday, March 25th, 2011

Après une belle levée de boucliers des militants de la cause gay, la multinationale Apple a finalement décidé de retirer son application « Gay Cure » de son App Store.
En cause le principe même de l’application, créée par Exodus International, une organisation interconfessionnelle, qui propose aux homosexuels de « guérir et de retrouver le droit chemin grâce à leur foi » et qui prétend « les libérer de l’homosexualité grâce au pouvoir de Jésus ». Dès la mise en ligne de l’application, une pétition lancée par l’association Truth Wins Out, défendant les droits homosexuels, a circulé, recueillant en quelques jours près de 150 000 signatures.
Certes, Apple n’est pas tenue pour responsable de la création d’un tel contenu, mais ce qui est en revanche répréhensible de leur part, c’est d’avoir autorisé ce type de contenu. D’autant que la multinationale a classé l’application comme une 4+, autrement dit ne proposant « aucun contenu répréhensible ». Fautive mais assumée, la firme multinationale recueille ainsi les conséquences de sa politique de contrôle total sur l’App Store.
Une méprise vite réparée de la firme multinationale qui, rappelons le, a été élue entreprise du secteur technologique la plus « gay friendly » selon l’étude de PlanetOut, société de médias et de divertissement exclusivement gay, lesbienne, bisexuelle et transgenre.

E. B.

La polémique de la semaine : le Vatican établit un lien entre homosexualité et pédophilie

Tuesday, April 13th, 2010

drapeau-homoC’est ce qu’a affirmé hier le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, en déclarant que la pédophilie était liée à l’homosexualité et non pas au célibat. Histoire de noyer le poisson de tous les nouveaux cas de pédophilie émanant du clergé, rien de tel que de soulever une polémique.
Le secrétaire d’état du Vatican a tenté d’étayer ses propos par des arguments scientifiques douteux. « Nombre de psychologues et de psychiatres ont démontré qu’il n’y a pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment qu’il y a une relation entre homosexualité et pédophilie », a-t-il affirmé. Lesquels ? On n’en sait rien. Avant d’ajouter que « cette pédophilie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à moindre degré si l’on regarde les pourcentages ». Même s’il promet que le pape prendra des mesures fortes sur les affaires de pédophilie dans l’Église. Une façon de plus de répondre aux accusations d’opacité de l’Eglise catholique face à toutes ces affaires. En attendant, très peu de sanctions ne sont tombées à l’encontre de prêtres accusés de pédophilie !
Des propos qui, on l’imagine bien, ont provoqué la colère de nombreuses associations de défense des droits des homosexuels et LGBT, pour qui, aucune étude scientifique n’a établi un tel lien.

Foot : l’AS Saint-Etienne entre en guerre l’homophobie

Wednesday, April 7th, 2010

logo-st-etienne2Quatrième club de foot de Ligue 1 à signer la Charte contre l’Homophobie, l’AS Saint-Etienne rejoint donc le rang dans la lutte contre l’homophobie. Après le PSG, l’AJ Auxerre et l’OGC Nice, les dirigeants des Verts entendent bien sensibiliser les acteurs du foot contre toutes formes de discriminations.
Une signature effectuée la semaine dernière et saluée par le Paris Foot Gay, fondateur de cette Charte, qui espère que d’autres clubs de Ligue 1 fassent de même et joignent « leurs forces pour combattre ce fléau au quotidien ». Idem pour la Fédération Française de Foot, qui ne s’est toujours pas exprimée dans cet appel à la tolérance et au dépassement des préjugés.
Seule la LFP (Ligue de Football Professionnel) a déjà pris position en signant la Charte, faisant de la France le quatrième pays Européen à reconnaître et à s’engager contre cette discrimination.
Quatre clubs sur 20, c’est un début, mais cela reste insuffisant.

6 points capitaux dans le respect des autrespfg-homophobie

La Charte, claire et directe, énonce ainsi six points que les clubs ou les instances du foot doivent s’engager à respecter.

  1. Prendre en compte et reconnaître de manière explicite l’homophobie en tant que discrimination
  2. Dénoncer et prendre les sanctions adéquates contre toute attitude homophobe
  3. Promouvoir la diversité dans le milieu du football et assurer la diffusion de messages sur la tolérance, le respect et la dignité
  4. Apporter aide et soutien aux joueurs, entraîneurs ou autres personnes évoluant dans le milieu du football qui pourraient être harcelés, insultés ou mis à l’écart en raison de leur orientation sexuelle
  5. Mettre en place un module éducatif sur la lutte contre les discriminations
  6. Veiller et réagir à chaque signe d’homophobie, et en référer régulièrement aux associations concernées.

E. B.

Pour consulter la Charte dans son intégralité, cliquez ici.

De l’homosexualité à la déportation du temps de Mussolini

Tuesday, March 23rd, 2010

livre-italieDes homos italiens du temps de Mussolini ! Vous n’y pensez pas, car en Italie, il n’y a que de vrais hommes ! Voilà en substance le point de départ de ce roman graphique, scénarisé par Luca de Santis et dessiné par Sara Colaone.
Du coup, aucune loi d’exception n’existait du temps du Duce pour condamner les homosexuels. Mais pour ne pas contrarier et choquer l’ordre et la morale fasciste, une solution : la déportation et le confinement sur les îles italiennes de tous ceux qui étaient accusés de « pédérastie passive, causant un grave préjudice à la morale publique et à l’intégrité de la race ».
D’une réalité historique fidèle et d’un graphisme épuré, mais tellement représentatif d’une époque, cette bande dessinée raconte l’histoire de Ninella, déporté dès 1938 sur l’île de San Domino dans l’archipel de Tremiti. Les souvenirs douloureux confiés par Ninella, devenu un vieil homme, à deux journalistes venus faire un reportage sur ces déportations est un témoignage fort de ce qui se passait du temps du Duce.
Rencontres…

Pourquoi vous êtes-vous intéressés à ce sujet ?

Lucas de Santis : L’intérêt pour ce sujet est né en 2001, suite à la publication, dans la revue culturelle gay « Babilonia », du témoignage d’un ex-déporté homosexuel sur les îles Tremiti. Sous ses airs de vieux grincheux et mal dans sa peau, il racontait une histoire captivante, dont je n’avais encore jamais entendu parler. À travers ses réponses, pourtant dures, je pouvais percevoir toute la douceur et la  peine ressenties par un être qui n’a jamais connu de trêve dans sa souffrance.
La rareté de l’information concernant ce sujet est un autre élément qui m’a poussé à faire des recherches, car seuls quelques historiens avaient auparavant étudié le sort de ces homosexuels exilés. L’envie de faire connaître et de partager cette histoire a été l’étincelle qui a régi le scénario, du début à la fin.

La documentation historique sur le sujet était-elle riche ou est-elle restée sous silence ? Avez-vous trouvé facilement des témoignages, ou bien les langues ont-elles toujours autant de mal à se délier ?

Lucas de Santis : Les difficultés étaient nombreuses. La documentation était pratiquement inexistante, constituée seulement d’articles courageux et de préambules. D’autant que la majorité des témoins directs de l’époque ne sont hélas plus de ce monde, ou bien se refusent à ressusciter des souvenirs si douloureux.
bdCes difficultés font aujourd’hui partie intégrante du roman, parce qu’il raconte toute la souffrance endurée jusqu’au retour de l’exil, mais sans toutefois trouver de paix et surtout de rachat pour ces déportations.
Tout le travail de documentation a été enrichi grâce aux archives conservées par l’Association Nationale des hommes Politiques Italiens Persécutés et Antifascistes (ANPPIA) de Rome. Sans omettre les documents vidéo et audio récupérés dans les années 80 et 90 par des historiens comme Goretti, Giartosio, Romano, Benadusi, Petrosino et Dall’Orto, auteur de l’interview précédemment citée avec l’ancien exilé, qui se trouve en annexe de ce livre.
Pour étoffer la vérité historique, nous avons passé, avec Sara, plusieurs jours sur l’île de San Domino. Mais, même là, il a été très difficile d’obtenir des informations. Les bâtiments, aujourd’hui transformés en installations touristiques, et la réticence des gens à témoigner de ce sujet, ne nous ont pas facilité la tache.

Graphiquement Sara, quelle a été votre source, vos modèles pour retranscrire les décors et l’ambiance de l’époque ?

Sara Colaone : Affronter la reconstruction historique a été un sujet fascinant, qui m’a mis face aux préjugés et aux clichés habituels. J’ai appris que l’homosexualité des années 30 se voyait et se vivait d’une manière très différente de ce qui se passe aujourd’hui. D’autant plus que les exilés de l’époque étaient souvent des hommes de pouvoir, issus de la bourgeoisie italienne. Cette réflexion a beaucoup influencé ma manière de travailler. J’ai cherché à m’inspirer des photos de personnes assez communes, en excluant celles des grands acteurs de l’époque et celles qui reflétaient les clichés trop stéréotypés de l’homosexualité. J’ai voulu restituer cette ambiance là avec peu de détails, mais surtout par la gestuelle des personnages.

Combien d’homosexuels comme Ninella ont été déportés pendant la dictature de Mussolini ?

Sara Colaone : Les documents conservés font état de quelque 300 exilés. Mais bon nombre d’autres cas devraient être mis en lumière dans l’année, suite à l’ouverture des archives de l’Etat, restées fermées à ce jour.

Quand ces déportations ont-elles cessé ?

Sara Colaone : On estime que les déportations, dans différentes régions italiennes, ont commencé en 1928. En 1938, date à laquelle commence notre récit, les homosexuels étaient tous regroupés à San Domino Tremiti, dans les Pouilles, et les dernières déportations ont eu lieu en 1942. Elles ont duré jusqu’à la chute du Duce et la fin de la guerre en 1945.

Votre BD sort à une période où l’on constate une recrudescence des actes homophobes depuis quelques années en Italie, avec une certaine banalisation de cette violence. Pensez-vous que le Pacs, voulu par Prodi il y a trois ans, et enterré par l’équipe de Berlusconi, a-t-il une chance de voir le jour ?

Sara Colaone : Bien sûr, le PACS a été une occasion manquée de construire un nouvel esprit de famille, plus proche de la réalité que le modèle passé, désormais inadéquat. Il ne concernait pas uniquement les homosexuels, mais tous les Italiens Le PACS n’était pas la solution à tous les problèmes, mais il aurait pu être la première pierre dans un vaste projet de réformes majeures. C’est un important retour en arrière, une belle reculade, dans la façon de voir les choses.

Comment l’homosexualité est-elle ressentie de nos jours en Italie ?

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Lucas de Santis : Je pense que notre pays souffre d’un mal typiquement italien, à savoir la réticence et le déni. Nous vivons dans une situation politique très sombre, désolante, dans laquelle la gauche ne prend pas la défense des minorités.
Quand nous avons présenté le livre, l’église catholique a déclaré que l’homosexualité était comparable à l’anorexie, à une maladie. Les réactions indignées face à une telle déclaration allaient toutes dans le même sens : les hommes politiques, de droite comme de gauche, se sont opposés avec fermeté à une telle ingérence et une telle absurdité. Mais entre nous, j’ai toujours du mal à imaginer la gauche en train de défendre les droits des homosexuels, alors que dire de la droite !

En bref, une très belle évocation en bande dessinée d’une page fort méconnue de l’histoire fasciste italienne. Qui mériterait bien d’être au programme des cours d’histoire !

Propos recueillis par Emilie Bedos

« En Italie, il n’y a que des vrais hommes », de Luca de Santis et Sara Colaone, est paru au éditions Dargaud.

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