Les « Condamnés » témoignent : dans leur pays, leur sexualité est un crime
Tuesday, May 4th, 2010
51 autoportraits d’hommes risquant leur vie pour vivre leur sexualité comme bon leur semble. 51 gays, des quatre coins du monde, qui ont décidé de témoigner pour expliquer à quel point il peut être très difficile, voire dangereux, d’être homo dans leur pays.
Reconnus coupables de « connexion contre nature » ou de « rapports sexuels dévoyés », ces hommes risquent tous une sanction. De la banale amende (en Algérie), à la peine de mort (Afghanistan, Iran, Mauritanie, Yémen,…) en passant par les persécutions, lapidations et emprisonnements, pouvant allant jusqu’à la prison à vie (Ouganda, Pakistan).
Tel est le terrible constat qu’a souhaité dénoncer Philippe Castetbon, journaliste et photographe, dans son recueil de photos intitulé « Les Condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime » (paru aux Editons H&O). Une expo photo s’est également tenue à Paris, dans l’enceinte de la Mairie du 3e arrondissement en février dernier.
C’est en surfant sur Internet que le projet a commencé, quand Philippe Castetbon a pris conscience de l’opportunité qu’offrait le web à tous ces hommes, de pouvoir s’exprimer plus librement, mais anonymement. Librement ou presque car il faut tout de même rester constamment sur ses gardes. « Le Net a permis à tous ces hommes de dialoguer, d’échanger de façon beaucoup plus libre, même s’ils font extrêmement attention aux pièges que peuvent leur tendre les autorités de leur pays, précise Philippe Castetbon. Mais c’est véritablement une belle ouverture sur le monde qui leur est désormais proposée ».
Un travail artistique autour du secret et de l’anonymat
Une cinquantaine d’autoportraits, de profil ou cachés derrière des mains, des masques ou des chapeaux, accompagnés de témoignages bouleversants sur la manière qu’ont ces gays de vivre leur sexualité. Du mariage prétexte à l’exil, des mots durs expriment leurs sentiments. Certains reviennent de façon récurrente, comme le terme de honte, de peur, de mal-être ou encore de normalité. A côté de ces témoignages, figurent les textes de loi régissant ces actes homosexuels. Stupéfiant de constater la persistance de certains amalgames. Que ce soit au Bangladesh, au Botswana, à Gaza, en Gambie,…, la zoophilie est encore accolée à l’homosexualité. « Quiconque a volontairement un rapport charnel contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme, ou un animal, sera puni par la déportation à vie ou par une peine de prison pouvant aller jusqu’à 10 ans,… » (extrait de l’article 377 des lois birmanes).
Au vu des ces sanctions et jugements, il parait évident que ces hommes se réfugient ainsi dans la discrétion et le secret absolu. « Les convaincre de témoigner a été un travail de longue haleine. Prendre contact avec eux, les mettre en confiance, leur assurer l’anonymat a été difficile. Finalement, sur plus de 700 contacts, 51 ont accepté, ajoute Philippe Castetbon. Certains ont été spontanément enthousiastes, d’autres beaucoup plus réticents, même s’ils trouvaient ce projet super. »
Un projet artistique de témoignages poignants, qui a un but : « informer sur la situation dramatique que vivent ces homos, contraints de se cacher. Car dans cette tristesse-là, se trouve quelque chose d’artistique, reconnaît le journaliste.
Il ne reste plus qu’à espérer que les mentalités, mais surtout les lois, évoluent rapidement, à l’image des îles Fidji qui ont abrogé la loi interdisant l’homosexualité il y a un peu plus d’un mois. « Et pour couronner le tout, ils m’ont même sollicité pour présenter un jour l’exposition chez eux. Comme quoi tout peut changer ! ».
Propos recueillis par Emilie Bedos

C’est ce qu’a affirmé hier le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, en déclarant que la pédophilie était liée à l’homosexualité et non pas au célibat. Histoire de noyer le poisson de tous les nouveaux cas de pédophilie émanant du clergé, rien de tel que de soulever une polémique.
Et c’est le séduisant latino, lui-même, qui l’a annoncé sur son site web. Le fruit d’un « processus très intense » a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il se sent désormais « libéré d’un poids, d’une vérité pesante ».
Des homos italiens du temps de Mussolini ! Vous n’y pensez pas, car en Italie, il n’y a que de vrais hommes ! Voilà en substance le point de départ de ce roman graphique, scénarisé par Luca de Santis et dessiné par Sara Colaone.
Ces difficultés font aujourd’hui partie intégrante du roman, parce qu’il raconte toute la souffrance endurée jusqu’au retour de l’exil, mais sans toutefois trouver de paix et surtout de rachat pour ces déportations.
C’est une véritable levée de boucliers qu’a provoqué un dessin animé, intitulé « Le Baiser de la Lune ». Destiné à être diffusé aux enfants des écoles primaires, le dessin animé raconte l’histoire de Félix, un poisson-chat, qui tombe amoureux de Léon, un poisson-lune. Une simple romance innocente et poétique. Ce n’est pas du tout l’avis des associations de lutte contre l’homoparentalité, ainsi que le parti chrétien-démocrate, par la voix de sa présidente, qui n’est autre que Christine Boutin, qui crient tous au scandale, au nom du respect de la famille traditionnelle, à savoir un père et une mère.
La saison 2010 des festivals de cinéma homo est lancée dès demain, avec en ouverture la 7e édition des Journées Gaies et Lesbiennes de Pau.
Après de nombreuses années de « honte et de solitude », Gareth Thomas, l’un des plus grands joueurs de rugby du Pays de Galles (100 sélections qui font de lui le joueur le plus capé de l’histoire du rugby gallois, 40 essais marqués et ancien capitaine de la sélection), a révélé son homosexualité samedi au quotidien britannique The Daily Mail. Une première dans le milieu du rugby professionnel, réputé pourtant très macho.
10 ans déjà que le Pacs existe. 10 ans que couples homosexuels ou hétérosexuels peuvent contracter une union, sans passer forcément devant le Monsieur le Maire. C’était le 15 novembre 1999. Ce jour-là, un grand pas dans la reconnaissance de l’homosexualité venait d’être franchi. Trois jours après, deux hommes, Dominique et Francis concluaient le tout 1er Pacs à Lille, après 19 ans de vie commune. Une révolution pour certains, un scandale pour d’autres, aux premiers rangs desquels Christine Boutin, députée et présidente du Parti chrétien démocrate, qui avait brandi une Bible en plein débat à l’Assemblée nationale.
Sur fond de polémique, le mariage homosexuel fait régulièrement la une de l’actualité. Toujours pas autorisé en France, la législation vis-à-vis des gays a cependant bien évolué. En 1750, eut lieu le dernier bûcher d’un couple d’homos, brûlés place de Grève. Aujourd’hui, les gays ont obtenu le droit de s’unir, en contractant un Pacs (pacte civil de solidarité). Mais la bataille ne s’arrête pas là et les associations sont nombreuses à militer en faveur d’un passage devant Monsieur le Maire ou encore de l’autorisation d’adopter des enfants pour un couple homosexuel.
Mercredi oblige, c’est le moment de retrouver notre rubrique cinéma avec la sortie d’un film israélien, « Tu ne m’aimeras point », de Haim Tabakman.