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Le coming-out de la semaine : Diana King

Thursday, July 26th, 2012

Après les nombreuses rumeurs qui couraient sur son homosexualité, la chanteuse, interprète du tube Shy Guy dans les années 90, vient de publier sur son blog un post intitulé « YES !! I AM LESBIAN ».
« Mon nom est Diana Eugena King, plus connue sous le nom de Diana King, et mes fans m’appellent KingSinga. Je suis une… femme… mère… tante… Jamaïcaine… Américaine…artiste internationale…chanteuse… parmi tant d’autres choses, Oui, je suis une Lesbienne ».
A 42 ans, elle a enfin franchi le cap, se sentant désormais prête à livrer sa vérité. Exit la peur, l’heure est à la révélation. « Cette peur profonde que j’avais, en particulier que mon peuple jamaïcain me juge et ne m’accepte pas à cause de son homophobie a été pour moi un lourd fardeau », a-t-elle confié. Une crainte justifiée par la persécution que subissent des homosexuels en Jamaïque, passés à tabac, jetés en prison, violés ou tués. Leur crime : leur préférence sexuelle. En espérant que cet aveu fasse évoluer les mentalités.

Les « Condamnés » témoignent : dans leur pays, leur sexualité est un crime

Tuesday, May 4th, 2010

condamne-couv51 autoportraits d’hommes risquant leur vie pour vivre leur sexualité comme bon leur semble. 51 gays, des quatre coins du monde, qui ont décidé de témoigner pour expliquer à quel point il peut être très difficile, voire dangereux, d’être homo dans leur pays.

Reconnus coupables de « connexion contre nature » ou de « rapports sexuels dévoyés », ces hommes risquent tous une sanction. De la banale amende (en Algérie), à la peine de mort (Afghanistan, Iran, Mauritanie, Yémen,…) en passant par les persécutions, lapidations et emprisonnements, pouvant allant jusqu’à la prison à vie (Ouganda, Pakistan).

Tel est le terrible constat qu’a souhaité dénoncer Philippe Castetbon, journaliste et photographe, dans son recueil de photos intitulé « Les Condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime » (paru aux Editons H&O). Une expo photo s’est également tenue à Paris, dans l’enceinte de la Mairie du 3e arrondissement en février dernier.

C’est en surfant sur Internet que le projet a commencé, quand Philippe Castetbon a pris conscience de l’opportunité qu’offrait le web à tous ces hommes, de pouvoir s’exprimer plus librement, mais anonymement. Librement ou presque car il faut tout de même rester constamment sur ses gardes. « Le Net a permis à tous ces hommes de dialoguer, d’échanger de façon beaucoup plus libre, même s’ils font extrêmement attention aux pièges que peuvent leur tendre les autorités de leur pays, précise Philippe Castetbon. Mais c’est véritablement une belle ouverture sur le monde qui leur est désormais proposée ».

Un travail artistique autour du secret et de l’anonymatcondamnes-baha-ok

Une cinquantaine d’autoportraits, de profil ou cachés derrière des mains, des masques ou des chapeaux, accompagnés de témoignages bouleversants sur la manière qu’ont ces gays de vivre leur sexualité. Du mariage prétexte à l’exil, des mots durs expriment leurs sentiments. Certains reviennent de façon récurrente, comme le terme de honte, de peur, de mal-être ou encore de normalité. A côté de ces témoignages, figurent les textes de loi régissant ces actes homosexuels. Stupéfiant de constater la persistance de certains amalgames. Que ce soit au Bangladesh, au Botswana, à Gaza, en Gambie,…, la zoophilie est encore accolée à l’homosexualité. « Quiconque a volontairement un rapport charnel contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme, ou un animal, sera puni par la déportation à vie ou par une peine de prison pouvant aller jusqu’à 10 ans,… » (extrait de l’article 377 des lois birmanes).

condamne-papAu vu des ces sanctions et jugements, il parait évident que ces hommes se réfugient ainsi dans la discrétion et le secret absolu. « Les convaincre de témoigner a été un travail de longue haleine. Prendre contact avec eux, les mettre en confiance, leur assurer l’anonymat a été difficile. Finalement, sur plus de 700 contacts, 51 ont accepté, ajoute Philippe Castetbon. Certains ont été spontanément enthousiastes, d’autres beaucoup plus réticents, même s’ils trouvaient ce projet super. »

Un projet artistique de témoignages poignants, qui a un but : « informer sur la situation dramatique que vivent ces homos, contraints de se cacher. Car dans cette tristesse-là, se trouve quelque chose d’artistique, reconnaît le journaliste.

Il ne reste plus qu’à espérer que les mentalités, mais surtout les lois, évoluent rapidement, à l’image des îles Fidji qui ont abrogé la loi interdisant l’homosexualité il y a un peu plus d’un mois. « Et pour couronner le tout, ils m’ont même sollicité pour présenter un jour l’exposition chez eux. Comme quoi tout peut changer ! ».

Propos recueillis par Emilie Bedos

Pour tous ceux qui ont raté l’exposition parisienne, il y aura un session de rattrapage à Montpellier, du 20 mai au 5 juin, à la Médiathèque F. Fellini.

Le livre « Les Condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime » est paru aux éditions H&O.condamnes-alg

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