Posts Tagged ‘homosexualité’

La saison des Gay Pride commence

Friday, May 20th, 2011

La belle saison arrive et avec elle, celle des Gay Pride. Une émeute entre policiers et un groupe de lesbiennes, gays et transsexuels en 1969 à New York est à l’origine de cette célébration qui se déroule aujourd’hui dans de nombreux pays.  Vous trouverez ci-dessous les dates pour 2011 dans les principales villes de France.
Le 21 mai Nantes, Tours
Le 4 juin Lille, Montpellier, Nancy
Le 11 juin Bordeaux, Rennes, Rouen, Strasbourg
Le 18 juin Angers, Biarritz, Caen, Lyon, Toulouse
Le 25 juin Paris
Le 2 juillet Marseille
Le 9 juillet Le Mans
Le 16 juillet Nice

Les célébrations pour la tolérance et la liberté sexuelle dépassent les frontières et vous offrent un calendrier plus que chargé pour marcher avec fierté ! Voici les dates européennes.

Le 4 juin Athènes, Bratislava
Le 18 juin Budapest
Le 19 juin Zurich, Vienne
Le 25 juin Berlin,
Le 26 juin Barcelone, New-York
Le 2 juillet Londres, Genève, Madrid
Le 3 juillet Helsinki, Cologne, Madrid, Toronto
Le 6 août Amsterdam
Le 7 août Stockholm, Montréal
Le 21 août Copenhague
Le 2 septembre Québec
Le 10 octobre Rio de Janeiro

A noter que l’Europride se tiendra à Rome du 1er au 12 juin.

Bonne Gay Pride !

« Quelques jours de répit » : un film engagé

Wednesday, April 27th, 2011

Le réalisateur franco-algérien Amor Hakkar, nous revient après « La maison jaune » avec un film touchant, dont il a eu l’idée en lisant un article évoquant la condamnation à mort d’un couple homosexuel iranien.
Ce film c’est donc l’histoire de deux hommes, Moshen et Hassan, qui décident de fuir leurs pays natal, l’Iran, pour vivre librement leur amour. Ils vont atterrir en France, à Saint-Claude, où l’un deux rencontre Yolande, une femme d’une soixantaine d’années qui n’attend plus rien de la vie, mais qui va bouleverser la leur. Ce film a été sélectionné au Movies that matter Festival, festival qui a pris la place du festival de film d’Amnesty International, mais également au festival du film de Sundance 2011.
Sa sortie sur les écrans français est prévue pour aujourd’hui (27 avril 2011).

Pour plus d’informations, vous pouvez vous diriger vers le site officiel du film : www.quelquesjoursderepit-lefilm.com/

Fiche technique :
Drame français
Réalisation : Amor Hakkar
Casting : Marina Vlady, Samir Guesmi, Amor Hakkar
Année de production : 2010
Distribution : Sarah Films

Une journée en mémoire des déporté(e)s homosexuel(le)s

Friday, April 22nd, 2011

Durant la seconde guerre mondiale, les nazis ont déporté des hommes et des femmes parce qu’ils, ou elles, étaient homosexuel(le)s. Plusieurs associations, dont l’association les Flamands Roses ou encore les « Oublié(e)s » de la Mémoire, se battent pour que la République Française reconnaisse officiellement la déportation pour motif d’homosexualité.
Ces associations seront donc présentes à la journée nationale du souvenir des héros et des victimes de la déportation le dimanche 24 avril 2011 à Lille. Une cérémonie officielle qui se déroulera au mémorial de la Résistance de la Noble Tour, rue Georges Lefèvre et auxquelles elles apposeront un porte-drapeau et une gerbe de fleurs en mémoire de ces déportés.


Tous à vos postes pour la 15e Nuit Gay de Canal + !

Monday, February 28th, 2011

La 15ème Nuit Gay de Canal + a lieu demain soir (mardi 1er mars 2011). L’occasion de voir, ou de revoir, des films et des documentaires qui ont marqué le paysage audiovisuel et cinématographique gay.

Dès 20h50, la soirée débutera avec la comédie humoristique, tout autant que dramatique, « I Love You Philip Morris », de Glenn Ficarra et John Requa. Où quand un tranquille et serviable père de famille, fidèle paroissien et policier, se transforme en magouilleur homo et fier de l’être. Jim Carrey étincelant en chemises affriolantes, pantalons blancs excessivement moulants, et un Ewan MCGregor d’une grande justesse et sensibilité.

A 22h25, place à un documentaire « Illegal Love », réalisé par Julie Gali qui raconte l’histoire d’une lutte pour l’égalité des droits des homosexuels. Un combat mené contre la Prop 8, entendez par là Proposition 8, qui, adoptée dans l’état de Californie par 52,8% des votes, a interdit le mariage homosexuel, quelque mois après qu’il soit enfin devenu légal. Une régression sociale dénoncée pendant 90 minutes, rythmées entre archives, témoignages des deux camps et images choc.

A 23h55, c’est le parcours de François Sagat, star du porno gay, qui sera mis en lumière. Icône gay internationale, il dévoilera, au cours de ce docu de Pascal Roche et Jérôme de Oliveira, son parcours, ses rêves et ses objectifs.

A 00h35, c’est au tour du grand reporter Diego Bunuel de nous ouvrir les yeux sur la condition gay à travers le monde. De sa série de reportages « Ne dites pas à ma mère que… », il revient sur une multitude de rencontres d’homosexuels, de Colombie en Indonésie, en faisant une halte par le Pakistan.

La soirée se terminera ensuite par un long-métrage, « A Single Man », de Tom Ford avec le très récemment « oscarisé » Colin Firth. Où l’histoire d’un professeur qui vit au jour le jour depuis la mort accidentelle de son jeune compagnon. Esthétisme, justesse et émotions fortes, un savoureux mélange pour une belle réussite.

Avec cet alléchant programme, vous ne vous poserez plus la question de savoir ce que vous faite demain soir.

E. B.

L’Argentine : premier pays sud-américain à autoriser le mariage gay

Monday, July 19th, 2010

symbole-homme-hommeL’Argentine est devenu jeudi dernier le premier pays sud-américain a autorisé le mariage homosexuel. Il ne restait plus que le vote très attendu du Sénat argentin, c’est désormais chose faite, avec 33 votes pour, 27 contre et 3 abstentions. Un débat houleux qui a duré plus de 14 heures, entre les promoteurs de la loi, aux premiers rangs desquels la présidente Cristina Kirchner, et les représentants de l’Eglise catholique, avec à sa tête le cardinal Jorge Bergoglio. Préalablement l’Assemblée nationale avait déjà voté en faveur d’une telle loi.
La loi de « matrimonio igualiario », de mariage égalitaire, permet donc à deux personnes de même sexe de contracter une union civile et reconnue.

Les mêmes droits que les hétéros

Parallèlement à cette union, les futurs mariés pourront également adopter des enfants et bénéficier des mêmes mesures sociales que les hétéros, à savoir la sécurité sociale, les héritages ou encore les congés parentaux.
Ville déjà très gay friendly, Buenos Aires, étant la première ville d’Amérique latine à voter, en 2003, une loi d’union civile pour couples du même sexe, elle pourrait bien devenir le nouvel Eldorado des homosexuels qui souhaitent se marier.
Rappelons qu’en Uruguay, la Chambre des députés a adopté en août dernier un projet de loi autorisant l’adoption d’enfants par les couples homosexuels. Auparavant, ce pays avait été le premier de la région à légaliser les unions civiles homosexuelles dès 2007.
Pourvu que ces dispositions se propagent dans les pays voisins…

E. B.

5ème édition de la Journée Idaho : homophobie et religion

Monday, May 17th, 2010

idahoC’est la cinquième édition de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie qui se déroule chaque 17 mai, appelée Idaho (International Day Against Homophobia).
Un mouvement lancé il y a maintenant cinq ans par Louis-Georges Tin, président du Comité de la Journée Mondiale contre l’Homophobie (IDAHO).
Célébrée dans plus de 50 pays, la Journée est aujourd’hui reconnue officiellement en Belgique, au Royaume-Uni, en France, au Luxembourg, aux Pays-bas, au Mexique et au Costa Rica. Le but : dénoncer toutes formes de discriminations et lutter contre l’homophobie et la transphobie à l’échelle mondiale.

Religion et homophobie

Pour cette 5ème édition, le Comité a choisi pour thème : les religions, afin de demander aux croyants, leaders et représentants religieux de s’engager, non pas en faveur de l’homosexualité, mais plutôt de désapprouver l’homophobie dont font preuve certains au nom de leur dieu ou de leur religion.
Pour donner un plus grand impact à cette Journée, des débats auront lieu à l’Assemblée nationale, avec des représentants de certaines religions. A noter la présence, bien évidemment, de Louis-Georges Tin, ainsi que celle de Richard Prasquier, président du CRIF, Tarek Oubrou, imam de Bordeaux, Marie-Laure Dénès, représentante de la Conférence des évêques de France, Jean-Pierre Rive, représentant de la Fédération protestante de France, Michaël Azoulay, rabbin de Neuilly et représentant du Grand Rabbin de France, Jean-Michel Dunand, prieur de la Communion de Béthanie, Franck Giaoui, président du Beit Haverim (groupe juif gay et lesbien de France), Ludovic Lofti Mohamed Zahed, président de HM2F (Homosexuels musulmans de France), Mouloud Aounit, président du MRAP, ou encore Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l’Homme.

Progression fragrante de l’homophobie en France

Une cinquième édition qui se célèbre au moment même où l’homophobie progresse incontestablement en France. C’est en tout cas ce qui ressort du rapport annuel que vient de publier l’association SOS Homophobie. Violences physiques, insultes, discriminations, les témoignages sont nombreux et dénoncent tous une recrudescence des actes rapport-sos-homophobiehomophobes.
Et les chiffres sont parlants : le nombre d’agressions physiques est passé de 61 en 2008 à 88 en 2009. Elles touchent majoritairement les hommes (76%), et de plus en plus de jeunes victimes, de 18 à 24 ans (22 cas en 2009 contre 6 en 2008).
Avec fait majeur à souligner : le web serait devenu le nouveau « défouloir » pour les propos homophobes. La liberté d’expression, ça a du bon, mais pas quand elle est détournée à des fins aussi nauséeuses, où discours haineux, amalgames et stéréotypes écœurants se rejoignent.

E. B.

Pour plus d’info sur la Journée Idaho du 17 mai, rendez-vous sur le site officiel Idaho
Pour plus d’info sur le rapport annuel de SOS Homophobie, cliquez ici

Les « Condamnés » témoignent : dans leur pays, leur sexualité est un crime

Tuesday, May 4th, 2010

condamne-couv51 autoportraits d’hommes risquant leur vie pour vivre leur sexualité comme bon leur semble. 51 gays, des quatre coins du monde, qui ont décidé de témoigner pour expliquer à quel point il peut être très difficile, voire dangereux, d’être homo dans leur pays.

Reconnus coupables de « connexion contre nature » ou de « rapports sexuels dévoyés », ces hommes risquent tous une sanction. De la banale amende (en Algérie), à la peine de mort (Afghanistan, Iran, Mauritanie, Yémen,…) en passant par les persécutions, lapidations et emprisonnements, pouvant allant jusqu’à la prison à vie (Ouganda, Pakistan).

Tel est le terrible constat qu’a souhaité dénoncer Philippe Castetbon, journaliste et photographe, dans son recueil de photos intitulé « Les Condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime » (paru aux Editons H&O). Une expo photo s’est également tenue à Paris, dans l’enceinte de la Mairie du 3e arrondissement en février dernier.

C’est en surfant sur Internet que le projet a commencé, quand Philippe Castetbon a pris conscience de l’opportunité qu’offrait le web à tous ces hommes, de pouvoir s’exprimer plus librement, mais anonymement. Librement ou presque car il faut tout de même rester constamment sur ses gardes. « Le Net a permis à tous ces hommes de dialoguer, d’échanger de façon beaucoup plus libre, même s’ils font extrêmement attention aux pièges que peuvent leur tendre les autorités de leur pays, précise Philippe Castetbon. Mais c’est véritablement une belle ouverture sur le monde qui leur est désormais proposée ».

Un travail artistique autour du secret et de l’anonymatcondamnes-baha-ok

Une cinquantaine d’autoportraits, de profil ou cachés derrière des mains, des masques ou des chapeaux, accompagnés de témoignages bouleversants sur la manière qu’ont ces gays de vivre leur sexualité. Du mariage prétexte à l’exil, des mots durs expriment leurs sentiments. Certains reviennent de façon récurrente, comme le terme de honte, de peur, de mal-être ou encore de normalité. A côté de ces témoignages, figurent les textes de loi régissant ces actes homosexuels. Stupéfiant de constater la persistance de certains amalgames. Que ce soit au Bangladesh, au Botswana, à Gaza, en Gambie,…, la zoophilie est encore accolée à l’homosexualité. « Quiconque a volontairement un rapport charnel contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme, ou un animal, sera puni par la déportation à vie ou par une peine de prison pouvant aller jusqu’à 10 ans,… » (extrait de l’article 377 des lois birmanes).

condamne-papAu vu des ces sanctions et jugements, il parait évident que ces hommes se réfugient ainsi dans la discrétion et le secret absolu. « Les convaincre de témoigner a été un travail de longue haleine. Prendre contact avec eux, les mettre en confiance, leur assurer l’anonymat a été difficile. Finalement, sur plus de 700 contacts, 51 ont accepté, ajoute Philippe Castetbon. Certains ont été spontanément enthousiastes, d’autres beaucoup plus réticents, même s’ils trouvaient ce projet super. »

Un projet artistique de témoignages poignants, qui a un but : « informer sur la situation dramatique que vivent ces homos, contraints de se cacher. Car dans cette tristesse-là, se trouve quelque chose d’artistique, reconnaît le journaliste.

Il ne reste plus qu’à espérer que les mentalités, mais surtout les lois, évoluent rapidement, à l’image des îles Fidji qui ont abrogé la loi interdisant l’homosexualité il y a un peu plus d’un mois. « Et pour couronner le tout, ils m’ont même sollicité pour présenter un jour l’exposition chez eux. Comme quoi tout peut changer ! ».

Propos recueillis par Emilie Bedos

Pour tous ceux qui ont raté l’exposition parisienne, il y aura un session de rattrapage à Montpellier, du 20 mai au 5 juin, à la Médiathèque F. Fellini.

Le livre « Les Condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime » est paru aux éditions H&O.condamnes-alg

La polémique de la semaine : le Vatican établit un lien entre homosexualité et pédophilie

Tuesday, April 13th, 2010

drapeau-homoC’est ce qu’a affirmé hier le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, en déclarant que la pédophilie était liée à l’homosexualité et non pas au célibat. Histoire de noyer le poisson de tous les nouveaux cas de pédophilie émanant du clergé, rien de tel que de soulever une polémique.
Le secrétaire d’état du Vatican a tenté d’étayer ses propos par des arguments scientifiques douteux. « Nombre de psychologues et de psychiatres ont démontré qu’il n’y a pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment qu’il y a une relation entre homosexualité et pédophilie », a-t-il affirmé. Lesquels ? On n’en sait rien. Avant d’ajouter que « cette pédophilie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à moindre degré si l’on regarde les pourcentages ». Même s’il promet que le pape prendra des mesures fortes sur les affaires de pédophilie dans l’Église. Une façon de plus de répondre aux accusations d’opacité de l’Eglise catholique face à toutes ces affaires. En attendant, très peu de sanctions ne sont tombées à l’encontre de prêtres accusés de pédophilie !
Des propos qui, on l’imagine bien, ont provoqué la colère de nombreuses associations de défense des droits des homosexuels et LGBT, pour qui, aucune étude scientifique n’a établi un tel lien.

C’est LE coming-out de la semaine : celui de Ricky Martin

Thursday, April 1st, 2010

symbole-homme-homme1Et c’est le séduisant latino, lui-même, qui l’a annoncé sur son site web. Le fruit d’un « processus très intense » a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il se sent désormais « libéré d’un poids, d’une vérité pesante ».
Mais cette déclaration n’a pas surpris grand monde dans la mesure où des rumeurs sur son homosexualité couraient depuis longtemps. C’est désormais officiel !
Père de jumeaux nés en 2008 d’une mère porteuse, Valentino et Matteo, ses deux fils semblent avoir joué un rôle déterminant dans cette révélation.
Autre élément déclencheur : sa volonté d’écrire, à 38 ans, ses Mémoires. « Des années de silence et de réflexion m’ont rendu plus fort et m’ont rappelé que la tolérance doit venir de l’intérieur. Aujourd’hui c’est mon jour, mon heure, mon moment, a-t-il déclaré sur son site. Aujourd’hui, j’accepte mon homosexualité comme un cadeau que m’a donné la vie. Je me sens béni d’être qui je suis ! Je suis fier de dire que je suis un homosexuel heureux », a-t-il précisé en guise de conclusion de cette confession.
L’interprète portoricain de « Un, dos, tres, Maria » est désormais un homme libéré d’un certain poids, fidèle à ce qu’il est et à ce qu’il désire. Un acte sincère et courageux qui, on l’espère, ne ternira en rien sa réputation et l’amour que lui témoignaient ses fans.

Et vous, que pensez-vous d’une telle déclaration ???

De l’homosexualité à la déportation du temps de Mussolini

Tuesday, March 23rd, 2010

livre-italieDes homos italiens du temps de Mussolini ! Vous n’y pensez pas, car en Italie, il n’y a que de vrais hommes ! Voilà en substance le point de départ de ce roman graphique, scénarisé par Luca de Santis et dessiné par Sara Colaone.
Du coup, aucune loi d’exception n’existait du temps du Duce pour condamner les homosexuels. Mais pour ne pas contrarier et choquer l’ordre et la morale fasciste, une solution : la déportation et le confinement sur les îles italiennes de tous ceux qui étaient accusés de « pédérastie passive, causant un grave préjudice à la morale publique et à l’intégrité de la race ».
D’une réalité historique fidèle et d’un graphisme épuré, mais tellement représentatif d’une époque, cette bande dessinée raconte l’histoire de Ninella, déporté dès 1938 sur l’île de San Domino dans l’archipel de Tremiti. Les souvenirs douloureux confiés par Ninella, devenu un vieil homme, à deux journalistes venus faire un reportage sur ces déportations est un témoignage fort de ce qui se passait du temps du Duce.
Rencontres…

Pourquoi vous êtes-vous intéressés à ce sujet ?

Lucas de Santis : L’intérêt pour ce sujet est né en 2001, suite à la publication, dans la revue culturelle gay « Babilonia », du témoignage d’un ex-déporté homosexuel sur les îles Tremiti. Sous ses airs de vieux grincheux et mal dans sa peau, il racontait une histoire captivante, dont je n’avais encore jamais entendu parler. À travers ses réponses, pourtant dures, je pouvais percevoir toute la douceur et la  peine ressenties par un être qui n’a jamais connu de trêve dans sa souffrance.
La rareté de l’information concernant ce sujet est un autre élément qui m’a poussé à faire des recherches, car seuls quelques historiens avaient auparavant étudié le sort de ces homosexuels exilés. L’envie de faire connaître et de partager cette histoire a été l’étincelle qui a régi le scénario, du début à la fin.

La documentation historique sur le sujet était-elle riche ou est-elle restée sous silence ? Avez-vous trouvé facilement des témoignages, ou bien les langues ont-elles toujours autant de mal à se délier ?

Lucas de Santis : Les difficultés étaient nombreuses. La documentation était pratiquement inexistante, constituée seulement d’articles courageux et de préambules. D’autant que la majorité des témoins directs de l’époque ne sont hélas plus de ce monde, ou bien se refusent à ressusciter des souvenirs si douloureux.
bdCes difficultés font aujourd’hui partie intégrante du roman, parce qu’il raconte toute la souffrance endurée jusqu’au retour de l’exil, mais sans toutefois trouver de paix et surtout de rachat pour ces déportations.
Tout le travail de documentation a été enrichi grâce aux archives conservées par l’Association Nationale des hommes Politiques Italiens Persécutés et Antifascistes (ANPPIA) de Rome. Sans omettre les documents vidéo et audio récupérés dans les années 80 et 90 par des historiens comme Goretti, Giartosio, Romano, Benadusi, Petrosino et Dall’Orto, auteur de l’interview précédemment citée avec l’ancien exilé, qui se trouve en annexe de ce livre.
Pour étoffer la vérité historique, nous avons passé, avec Sara, plusieurs jours sur l’île de San Domino. Mais, même là, il a été très difficile d’obtenir des informations. Les bâtiments, aujourd’hui transformés en installations touristiques, et la réticence des gens à témoigner de ce sujet, ne nous ont pas facilité la tache.

Graphiquement Sara, quelle a été votre source, vos modèles pour retranscrire les décors et l’ambiance de l’époque ?

Sara Colaone : Affronter la reconstruction historique a été un sujet fascinant, qui m’a mis face aux préjugés et aux clichés habituels. J’ai appris que l’homosexualité des années 30 se voyait et se vivait d’une manière très différente de ce qui se passe aujourd’hui. D’autant plus que les exilés de l’époque étaient souvent des hommes de pouvoir, issus de la bourgeoisie italienne. Cette réflexion a beaucoup influencé ma manière de travailler. J’ai cherché à m’inspirer des photos de personnes assez communes, en excluant celles des grands acteurs de l’époque et celles qui reflétaient les clichés trop stéréotypés de l’homosexualité. J’ai voulu restituer cette ambiance là avec peu de détails, mais surtout par la gestuelle des personnages.

Combien d’homosexuels comme Ninella ont été déportés pendant la dictature de Mussolini ?

Sara Colaone : Les documents conservés font état de quelque 300 exilés. Mais bon nombre d’autres cas devraient être mis en lumière dans l’année, suite à l’ouverture des archives de l’Etat, restées fermées à ce jour.

Quand ces déportations ont-elles cessé ?

Sara Colaone : On estime que les déportations, dans différentes régions italiennes, ont commencé en 1928. En 1938, date à laquelle commence notre récit, les homosexuels étaient tous regroupés à San Domino Tremiti, dans les Pouilles, et les dernières déportations ont eu lieu en 1942. Elles ont duré jusqu’à la chute du Duce et la fin de la guerre en 1945.

Votre BD sort à une période où l’on constate une recrudescence des actes homophobes depuis quelques années en Italie, avec une certaine banalisation de cette violence. Pensez-vous que le Pacs, voulu par Prodi il y a trois ans, et enterré par l’équipe de Berlusconi, a-t-il une chance de voir le jour ?

Sara Colaone : Bien sûr, le PACS a été une occasion manquée de construire un nouvel esprit de famille, plus proche de la réalité que le modèle passé, désormais inadéquat. Il ne concernait pas uniquement les homosexuels, mais tous les Italiens Le PACS n’était pas la solution à tous les problèmes, mais il aurait pu être la première pierre dans un vaste projet de réformes majeures. C’est un important retour en arrière, une belle reculade, dans la façon de voir les choses.

Comment l’homosexualité est-elle ressentie de nos jours en Italie ?

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Lucas de Santis : Je pense que notre pays souffre d’un mal typiquement italien, à savoir la réticence et le déni. Nous vivons dans une situation politique très sombre, désolante, dans laquelle la gauche ne prend pas la défense des minorités.
Quand nous avons présenté le livre, l’église catholique a déclaré que l’homosexualité était comparable à l’anorexie, à une maladie. Les réactions indignées face à une telle déclaration allaient toutes dans le même sens : les hommes politiques, de droite comme de gauche, se sont opposés avec fermeté à une telle ingérence et une telle absurdité. Mais entre nous, j’ai toujours du mal à imaginer la gauche en train de défendre les droits des homosexuels, alors que dire de la droite !

En bref, une très belle évocation en bande dessinée d’une page fort méconnue de l’histoire fasciste italienne. Qui mériterait bien d’être au programme des cours d’histoire !

Propos recueillis par Emilie Bedos

« En Italie, il n’y a que des vrais hommes », de Luca de Santis et Sara Colaone, est paru au éditions Dargaud.

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